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Publié le 28 Décembre 2009

La vie de couple : un long fleuve tranquille?

Ecrit par Farid Stambouli   23-04-2006


L'objectif de cette réflexion n'est pas de livrer l'analyse d'un spécialiste, ce que je ne suis pas, et encore moins de proposer une recette toute faite de vivre ensemble. Son objectif serait plutôt de mettre le doigt sur les sources possibles de discorde au sein d'un couple et d'interpeller, peut-être, certains d'entre nous sur l'importance de nous préparer avant et pendant l'union, de manière à faire de notre vie de couple une occasion d'épanouissement.

A plusieurs reprises je me suis retrouvé sollicité, bon gré mal gré, lors de tentatives de réconciliation au sein d'un couple. J'espère donc que cet article permettra un échange ou au moins un enrichissement des débats au sein des forums de ce site sur la base de l'expérience de chacun et de chacune.

Les expériences d'un couple à l'autre sont très différentes, et lorsque les traditions s'en mêlent, il devient alors relativement difficile de savoir quel modèle pourrait convenir.

Pourtant, celui ou celle qui cherche à se marier ne se pose souvent pas toutes ces questions et plonge la tête la première dans l’aventure féerique du prince charmant et de sa princesse…

Est-il possible de vivre une vie conjugale féerique ? Est-il possible d'être heureux et épanoui dans sa vie de couple ?

Puis les enfants arrivent et les relations conjugales changent encore : le couple est à nouveau mis à l'épreuve…"M'aimes-tu comme autrefois ?"

Des études américaines attestent qu'un couple n'a plus rien à se dire après sept ans de vie commune alors que dans nos contes de fée, l'histoire se finit toujours en disant qu'ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours…

Qui croire alors ?

Doit-on devenir pessimiste à une époque où l’on voit autour de soit de plus en plus de couples rompre après plusieurs années de mariage ?

Le but n’est pas de critiquer ces ruptures (elles restent autorisées en Islam même si elles font partie des choses licites les plus détestées par Dieu Tout Puissant) mais plutôt d’essayer de remonter à la source des conflits qui sont souvent à l'origine de ces déchirures (ce mot convient, à mon sens, car il souligne bien le rapprochement intime qui s'opère lors d'un mariage à l'image d'une page blanche uniforme, une unité en somme). Et face à toutes ces ruptures auxquelles nous sommes témoins aujourd'hui, combien sont vraiment justifiées ? Pour combien d’entre elles il n'y avait vraiment plus rien à faire ?

L'homme et la femme : deux univers différents !

A mon intime conviction, l'essentiel des conflits vient surtout des incompréhensions issues d'une mauvaise connaissance de la psychologie de l'autre. Un effort devrait donc être développé dans ce sens, afin de mieux comprendre l'autre sexe. Pour cela, je vous renvoie à certaines études contemporaines réalisées sur les psychologies masculines et féminines, en particuliers celles de John Gray développées dans son ouvrage "Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus". On y apprend comment l'autre sexe réfléchit et perçoit ce qu'on lui dit. Dieu sait ô combien les hommes en ont besoin ! Combien d'entre eux, une fois mariés, sont surpris que leur tendre épouse soit offusquée devant un mot prononcé ou une inattention auxquels ils sont habitués entre "hommes".

Quelquefois, à cette différence fondamentale s'ajoutent des différences culturelles qui nous conditionnent dans la perception que l'on a du monde et qui sont souvent à l'origine d'à priori que l'on développe sur la vie de couple, sur la femme, sur les rôles de chacun. On vient avec un modèle de vie de couple. On veut reproduire un schéma tel qu’il est dans notre esprit et on se casse les dents... L'époque de nos parents n'est déjà plus la même que notre époque et celle de nos enfants sera différente encore. Il faut donc privilégier une compréhension et des principes plutôt qu'un schéma statique que l'on veut instaurer.

La belle famille : aïe aïe aïe !!!

En se mariant, l'homme se retrouve souvent dans des positions embarrassantes. D'un côté il a sa maman pour qui il doit porter une affection, un respect et une tendresse irréprochables. D'un autre côté, il construit de nouvelles relations d'amour avec une femme encore étrangère. Souvent la belle maman et les belles sœurs se sentent investies d'une mission pour mettre en garde leur homme contre "l'étrangère". Ses paroles, son comportement sont passés au peigne fin! 

Il faut absolument que l'homme reste neutre et trouve la bonne distance entre sa vie conjugale et ses relations familiales. Il ne doit pas prendre position pour sa famille ou sa femme mais plutôt faire la part des choses dans ses différentes relations.

Voilà encore une source de conflits très fréquente. Faire comprendre à sa maman que l'on préfère ne pas évoquer les détails de sa vie de couple n'est pas faillir à sa responsabilité de fils, c'est préserver et développer une nouvelle forme de relations. Vouloir préserver à tout prix les mêmes relations avec sa famille se fera forcément au détriment de son épouse qui devra alors intégrer une famille et non construire la sienne...

D'un autre côté, la femme quitte son berceau d'amour où baignent encore les souvenirs de son enfance.

Elle "troque" le quotidien de son père, de sa mère, de ses frères et de ses sœurs  pour le quotidien d'un homme qui ne comprend pas pourquoi sa douce bien-aimée ne coupe pas ses liens avec eux...

Il faut laisser le temps à son épouse de comprendre ce qui lui arrive. Il faut lui laisser le temps de comprendre l'ampleur de ses nouvelles responsabilités.

Les relations se réaménagent alors.

Il faut faire un effort de romantisme (mot qui sonne faux à l'oreille de certains et qui était pourtant une vertu de notre bien-aimé, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) pour aider sa bien-aimée à émigrer de la terre de l'enfance à la terre des responsabilités.

Une fois de plus, précisons que ceci ne signifie évidemment pas de couper court ses relations avec sa famille mais plutôt de les réadapter.

Mes droits et mes devoirs !

La préparation au mariage est souvent réduite à la prise de connaissance des droits et des devoirs de chacun (les livres abondent dans ce sens). N'est-ce pas, d’une certaine manière, aborder le sujet de façon pessimiste ou, tout du moins, partielle ? Il y aura forcément des conflits et il faut donc établir un contrat sec de vivre ensemble qui va résoudre tous les conflits, à l'image d'une entreprise, avec un règlement intérieur…

Par exemple, dans le bus, il est écrit près des fenêtres : « Ouverture et fermeture des fenêtres : vous pouvez ouvrir ou fermer les fenêtres selon votre désir. En cas de désaccord entre voyageurs, priorité est donnée à celui qui souhaite fermer la fenêtre ».

Faut-il donc vivre une vie conjugale où l'on se regarde et où l'on ne s'aime qu'à travers la sauvegarde de ses intérêts propres ? Le mariage n'est-il qu'un compromis entre deux ego farouchement opposés à tout sacrifice ou à toute concession ? Tel je suis et tel je resterai ! Et tu devras composer avec cette réalité !

Si les droits et les devoirs demeurent des frontières qu'il ne faut pas approcher, le bel édifice reste à construire à l'intérieur de ce domaine.

L'homme : un pilier dans la famille !

J'ai constaté que beaucoup de couples se fragilisaient pour des raisons similaires : perte de confiance en l'autre, manque de respect puis perte d'amour... A mon avis, un homme doit être un pilier dans sa famille, c'est-à-dire qu'il doit installer une atmosphère d'écoute, de respect et doit rassurer par sa présence.

La confiance en l'autre est une richesse qui doit s'ancrer dans le couple : ne jamais douter de l'autre car la suspicion malsaine détruit l'amour.

"Trouve mille excuses pour ton frère !" comme le rappelle un hadith prophétique : et si l’on en trouvait simplement une, combien de malentendus ne seraient plus ?

Et si ta moitié a commis une erreur, faut-il la condamner à jamais et ne plus lui faire confiance ?

Si l'homme ne fait plus confiance à son épouse, c'est un pilier qui s'écroule et la femme n'a plus sur quoi s'appuyer.

La confiance est la richesse la plus importante après l'amour Touche pas à mon argent !

L’argent est une autre cause de conflit. En effet, beaucoup de femmes souffrent de l'avarice de leurs époux, à l'image de Hind qui se plaignait au Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) de son époux Abou Soufiane nouvellement converti.

La relation que l'on a avec l'argent n'est pas toujours très saine et plus l’on en a, plus l’on en veut. Il existe des couples possédant un compte commun et qui partagent la responsabilité de la gestion de leurs biens. Personnellement, je trouve que c'est la meilleure façon d'impliquer pleinement son épouse. En revanche, le fait de la priver du minimum, voire de se méfier de ses dépenses en lui refusant systématiquement l'accès à son argent, est indéniablement source de nombreux conflits.

Se détacher de l'avoir tout en se concertant pour apprendre ensemble à gérer nos biens communs est un grand défi dans notre époque matérialiste. La meilleure dépense pour plaire à Dieu est celle faite pour ses proches.

L'absence de projet

Un couple qui n'est pas engagé à l'extérieur sur un projet d'appel ou de construction au sein de notre communauté risque de mourir.

L'essoufflement est le propre de l'homme et beaucoup ont découvert la foi avec beaucoup de ferveur et ont fini par être emporté par la vie matérialiste et le métro-boulot-dodo.

L'homme, comme la femme, qui est engagé dans diverses activités (spirituelles, associatives, sociales...) fait respirer son couple. D'abord, parce que l'on quitte le confort et la chaleur du foyer pour l'amour de Dieu. La satisfaction de Dieu se traduit alors en surplus de miséricorde dans le foyer. La flamme est sans cesse ravivée. S'il n'y a pas de projet et que la famille reste enfermée sur elle-même il y a risque d'étouffement. On se lasse de tout, même des bonnes choses en grandes quantités.

Grande est la tentation de quitter le terrain d'Appel pour essayer de résoudre les difficultés rencontrées dans sa vie de famille, mais ces difficultés, en général, ne font que croître. Tu as prétendu aimer Dieu à un moment de ton cheminement ! Te voilà donc éprouvé. Et si tu es absent du terrain de l'effort et de l'Appel, où crois-tu que Dieu t'éprouvera ? Dans ta famille, tes enfants, ton travail...

Si tu oeuvres pour Dieu, Dieu s'occupe de tes affaires internes.

Quand le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) sortait sur le terrain d'Appel, ne disait-il pas :

"O Dieu Tu es le Compagnon dans le voyage et le garant (Khalifat) pour notre famille".

Toutefois, il faut trouver le savant mélange qui donne sa place à chaque chose et ne pas transformer son investissement associatif en une fuite de ses responsabilités et de sa vie de famille.

La vie de couple : une école !

Le mariage est une occasion de se découvrir, de se rapprocher du Créateur, de changer, de cheminer. C'est une merveilleuse opportunité de se réformer de l'intérieur, d'apprendre à se connaître à travers le miroir de l'amour. Ta moitié verra en toi ce que beaucoup ne voient pas. Tu ne peux plus faire semblant dans ton couple, c'est ta vraie nature qui ressort. Si tu es bien avec tes frères et sœurs , tu ne vis pas avec eux et ils ne connaissent pas ta vraie nature. Ainsi le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous enseigne que le meilleur d'entre les hommes est le meilleur avec son épouse (la réciproque est évidemment vraie !) Voilà un baromètre qui ne trompe pas !

Tu veux connaître ta valeur ? Demande-le à ta moitié (l'autre moitié du couple). Tu veux connaître l'état de ton ego, l'importance que tu lui accordes ? Regarde la place que tu laisses à ta famille dans leur épanouissement, pour leur bonheur. L'effacement est une étape incontournable pour atteindre Dieu, et si l'ego est ménagé au milieu de personnes vertueuses, il est malmené au milieu des siens, au quotidien. Ainsi, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), lors du retour d'une expédition avec ses compagnons vers leurs demeures leur dit qu'ils revenaient de la petite guerre vers la grande guerre.

La vie de couple devient alors une école d'éducation où l'on se corrige mutuellement et où l’on fait des efforts quotidiens pour se changer et permettre à l'autre de trouver suffisamment d'espace pour s'épanouir et pour respirer.

Combien de personnes expriment le sentiment d'étouffer dans leur couple... Cet étouffement n'est en fait que le sentiment d'exister pour l'autre : l'ego de ma moitié prend trop de place ! 

C'est ce qu'on appelle l'égocentrisme. Mon petit monde (ma famille) tourne autour de mon ego.

Que Dieu fasse de nos familles des modèles en matière d'amour et de miséricorde à l'heure où les familles sont disloquées et où les enfants sont tiraillés dans des familles recomposées.

Merci à ma mère, merci à mon père d'avoir surmonter toutes leurs difficultés et leurs épreuves pour nous permettre de vivre l'amour, le confort et la chaleur dans une famille unie

 

 

Source : http://www.psm-enligne.org

Publié le 6 Avril 2007

Salam Alaikoum Wa Rahmatulillahi Wa Barakatuhu;

Voici un rappel inshAllah, bonne lecture...:


Puisque l’amour conjugal est sujet à la maladie, et même à la mort, il est impératif que les couples travaillent en permanence à le revivifier et à le préserver. Maris et femmes doivent respecter les règles suivantes :


1. Ils doivent prendre l’habitude de se dire des choses positives, de se faire des compliments et de faire des invocations en faveur de l’autre.

Un mari peut dire à sa femme : « Si tout était à recommencer et que je revenais en arrière, à mes jeunes années, je ne choisirais pour femme nulle autre que toi. » Bien sûr, sa femme peut également lui dire des choses similaires. Les paroles d’affection ont un effet certain sur une personne, surtout sur les femmes. Ils ont d’ailleurs été souvent utilisés comme armes par des hommes sans scrupules cherchant à s’approprier une femme appartenant à autrui (A ‘Oudhou Bi Lahi).

Les douces paroles gagnent le cœur des femmes. Un mari devrait prendre l’habitude de parler à sa femme de façon affectueuse avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.

2. Mari et femme devraient prendre l’habitude de faire ces petites choses qui, au fond, représentent beaucoup. Si un homme rentre chez lui et trouve sa femme endormie, il peut la couvrir et la border dans son lit.
Un mari peut prendre l’habitude d’appeler sa femme de son travail
juste pour dire bonjour et pour qu’elle sache qu’il pense à elle.
Si une femme trouve son mari assoupi, elle peut l’embrasser sur le
front, même si elle croit qu’il n’en aura pas conscience. En fait, même s’il dort, ses sens restent en alertes jusqu’à un certain niveau et il peut parfaitement être conscient de ce geste d’affection.


Le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a souligné l’importance de ces petits gestes :
«… même le morceau de nourriture que vous mettez dans la bouche de votre femme. » (Sahih Boukhari et Sahih Mouslim)

En fait, il se peut fort bien que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa
sallam) ait voulu faire allusion aux dépenses du mari visant à combler les besoins de sa femme. Néanmoins, il y a une raison pour laquelle il a choisi de l’exprimer de cette façon. Ce qu’il est important de retenir, c’est que c’était là la façon du Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) de se comporter avec sa famille.

Tous ces petits gestes sont déterminés par les goûts et les
inclinations des personnes concernées. Cela peut demander un peu de temps pour s’y habituer, mais au fond, cela ne demande pas tant d’efforts.

Une personne qui n’est pas habituée à ce genre de comportement peut même se sentir gênée ne serait-ce que d’en entendre parler, et elle peut préférer laisser les choses telles qu’elles sont plutôt que de faire l’effort de changer et d’appliquer des choses qu’elle juge complètement ridicules.

Malgré tout, nous devons être disposés à introduire de nouvelles
habitudes dans nos vies si nous ne voulons pas que nos problèmes durent éternellement.

3. Mari et femme doivent se réserver certains moments durant lesquels ils peuvent se parler sans être interrompus. Ils peuvent parler du passé, se rappeler des bons moments qu’ils ont vécus ensemble, parler de ces moments, les garder frais à la mémoire, comme s’ils avaient été vécus la veille.
Ils peuvent aussi parler d’avenir, partager leurs espoirs et leurs
projets.

Enfin, ils peuvent parler du présent, du bon et du mauvais, et tenter de trouver des solutions pour régler leurs problèmes.

4. Garder un contact physique étroit est sain pour la relation. Ces
contacts ne devraient pas être restreints aux moments intimes, mais être présents à tous moments, comme lorsque le couple est assis dans le salon ou lorsqu’il marche dans la rue. Et ce, même s’il existe encore des hommes, dans notre société, qui ont honte d’être vus en public avec leur femme à leurs côtés.

5. Le soutien émotif devrait toujours être présent lorsque l’un des
deux époux en ressent le besoin. Lorsque la femme est enceinte ou dans sa période menstruelle, elle peut avoir besoin d’un certain soutien moral de la part de son mari, et ce dernier devrait prendre en considération l’état dans lequel se trouve sa femme. Les experts médicaux ont démontré que lorsque la femme subit une grossesse, des menstruations, ou des saignements post-partum, elle peut souffrir d’un stress psychologique qui peut affecter de façon négative son comportement. C’est dans des moments comme ceux-là que la femme a besoin du soutien de son mari. Elle a besoin de l’entendre dire à quel point elle compte pour lui et à quel point il a besoin d’elle dans sa vie.
De même, il peut arriver que le mari tombe malade ou qu’il soit
confronté à toutes sortes de difficultés. La femme doit prendre ces choses en considération.
Si les gens veulent que leur relation dure, ils doivent faire sentir à l’autre qu’ils sont toujours là pour le/la soutenir.

6. L’expression matérielle de l’amour est aussi une bonne chose. Des cadeaux peuvent être offerts, même en dehors des occasions spéciales comme l’Aïd; une agréable surprise est toujours bienvenue. Un cadeau approprié est un cadeau qui exprime les sentiments d’affection de celui qui l’offre.
Il n’est pas nécessaire qu’il soit dispendieux, mais il doit respecter
les goûts et la personnalité de l’autre; il sera ainsi longtemps chéri et précieusement gardé.

7. Mari et femme doivent apprendre à être plus tolérants l’un envers l’autre et à fermer les yeux sur les défauts et les faiblesses de l’autre.
Oublier les petites erreurs de la vie courante et ne pas même les
mentionner devrait devenir une seconde nature. Le silence,
relativement à ces futilités, est un signe de noble caractère.
Une fois, une femme est venue dire à ‘Aisha (radhia Allahu anha) : «Lorsque mon mari rentre à la maison, il devient comme un chat. Lorsqu’il sort à l’extérieur, il ressemble à un lion. Et il ne m’interroge pas sur ce que j’ai fait de ses biens.» (Sahih Boukhari et Sahih Mouslim)

Ibn Hajar explique ses paroles de cette façon :
« Elles peuvent signifier qu’il est très généreux et tolérant. Il ne
fait pas tout un plat au sujet de ses biens ou de son argent qu’il trouve utilisés par les membres de sa famille. S’il rapporte des choses pour la maisonnée, il ne s’enquiert pas, plus tard, de ce qu’elles sont devenues.
Il ne fait pas un drame des défauts des membres de sa famille; il est plutôt indulgent et tolérant. »

Il est injuste de dramatiser les défauts des autres cependant que de nous-mêmes, nous ne voyons que les qualités. Il y a un dicton qui va comme suit : « L’un d’entre vous voit la poussière dans les yeux de son frère tandis qu’il oublie la saleté dans les siens. »

8. Mari et femme doivent parvenir à une entente en ce qui concerne leurs responsabilités et leurs soucis communs, comme l’éducation des enfants, le travail, les voyages, les dépenses et tous les problèmes qui peuvent constituer une menace pour relation du couple s’ils ne sont pas gérés de la bonne façon.

9. Mari et femme ont besoin de faire des choses pour égayer leur
relation.

Ils peuvent lire des livres tel la Sira du Prophète (alayhi salat wa salam) ou écouter des cassettes qui leur donneront des idées sur les façons de revivifier leur vie conjugale et de l’enrichir.
Ils peuvent varier leurs habitudes lorsqu’il s’agit de se relaxer
ensemble, de manger, de décorer leur maison, et dans leurs façons d’interagir, tant en public que dans l’intimité. Ce sont là des choses qui gardent la passion et l’intérêt en éveil dans une relation de couple.

10. La relation doit être protégée des influences négatives qui
peuvent l’affecter. L’une des pires qui soit est le fait de comparer son époux/se aux autres. Beaucoup d’hommes ont tendance à comparer leur femme à celles des autres. Certains vont même jusqu'à les comparer avec celles qu’ils voient dans les magazines ou à la télévision.
Les femmes aussi comparent leur mari avec ceux des autres, surtout en matière de richesses, de beauté et sur la fréquence avec laquelle ils font des activités extérieures avec leur épouse.
Toutes ces comparaisons malsaines amènent les gens à se
sentir mal et médiocres et la relation peut s’en trouver rapidement affectée.

Si nous tenons à nous comparer aux autres, nous devons le faire avec ceux qui sont moins pourvus que nous. Le Messager d’Allah (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit :
« Regardez ceux qui sont en-dessous de vous et non pas ceux qui sont au-dessus. Cela est meilleur pour vous, afin que vous ne minimisiez pas les bienfaits d’Allah. » (Sahih Boukhari et Sahih Mouslim).

Il est grand temps que nous apprenions à vivre dans la réalité et à
être satisfaits de ce qu’Allah a décrété pour nous. Nous ne devons pas considérer avec envie ce qu’Allah a donné aux autres. Même le peu que nous avons peut signifier beaucoup si nous savons bien l’utiliser et en tirer profit.

Il est fort possible que plusieurs des personnes qui parlent de leur
bonheur conjugal et qui se vantent de leur mari ou de leur femme ne disent pas tout à fait la vérité; ce n’est que la vanité qui les fait parler.

L’herbe nous semble souvent plus verte chez le voisin, mais seulement parce que nous ne la regardons pas d’assez près.

Publié le 17 Février 2007

Salam Alaikom Wa Rahmatulillahi Wa Barakatuhu,


L'affection :

L'affection se traduit par un ensemble d'attentions qui témoignent de
l'attachement que l'on éprouve envers son conjoint. Une carence affective dans
le couple se traduira souvent par un manque de communication, de sécurité, et
par des relations intimes perturbées. Bien souvent quand la femme se plaint d'un
manque d'affection, son époux lui répondra
«mais tu sais que je t'aime.»
ou
quand l'époux est demandeur sa femme lui répondra :
« je suis désolée mais je
n'ai pas le temps entre les enfants, le ménage et le manger. ».

Il est vrai que certains culpabilisent parfois quand ils prennent le temps d'exprimer leur
amour, ils ont le sentiment d'un éloignement de Dieu, alors que c'est tout à
fait le contraire. Dieu dit du Prophète Paix et bénédiction de Dieu sur lui-
que s'il avait était rude il aurait éloigné les gens de Dieu, c'est donc que la
douceur fait partie de l'adoration.
Certes nous nous aimons, mais pour prouver notre adoration et notre amour pour
Dieu ne doit-on pas les concrétiser par des actes ?
Alors pourquoi en serait-il différent pour prouver les sentiments que nous
éprouvons envers notre conjoint(e) ?
Le mariage n'est-il pas la moitié de la foi ? Prouver son amour à son
conjoint(e) n'est- il pas alors un acte de consolidation de cette foi et donc un
acte d'adoration ?
Safiya 'que Dieu soit satisfait d'elle- a été reçu par son époux, le Prophète
Paix et bénédiction de Dieu sur lui- lors d'une de ses retraites spirituelles
du mois de Ramadan. Nous pouvons lire aussi que le Prophète Paix et bénédiction
de Dieu sur lui- a fortement recommandé un retour rapide des pèlerins auprès de
leurs femmes en ces termes « Lorsque l'un de vous a terminé son pèlerinage,
qu'il rentre rapidement chez lui, car la récompense en sera plus grande », dans
un autre hadith, il nous est rapporté qu'un homme est venu le voir pour lui dire
son souhait d'aller combattre dans la voie de Dieu (jihad) mais que sa femme,
elle, souhaitait aller au pèlerinage, le Prophète Paix et bénédiction de Dieu
sur lui- répondit « Accompagne ta femme ». Les compagnons femmes du Prophète
Paix et bénédiction de Dieu sur lui- étaient,elles aussi, prévenantes, pleines
de douceur et d'amour pour leurs maris. La tradition nous rapporte que Asma que
Dieu lagrée- écartait les mouches du visage de son mari malade, Abou Bakr que
Dieu soit satisfait de lui. Oumm Soulaym annonça à son mari la mort de leur fils
avec une grande douceur
Le Prophète Paix et bénédiction de Dieu sur lui- était humain et c'est dans son
humanité que nous devons le copier. Les hadiths précités montrent explicitement
le comportement qu'avaient les époux et les épouses compagnons à cette époque
là, des hommes et des femmes vertueux qui sont également de véritables exemples
pour les hommes et les femmes d'aujourd?hui et de demain, à nous de les
redécouvrir.



Comment concrétiser cette affection ?

1. Un petit cadeau de temps en temps a un effet magique! Ce qui donne de
l'importance à ce geste n'est pas La valeur du présent mais surtout le fait qu'à
un moment donné de la journée, oh combien surchargée, mon âme soeur a pensé à
moi. Les cadeaux peuvent aussi servir à apaiser les tensions. Pensez aux
anniversaires de mariage?


2.
Un petit geste tendre fait des miracles! Beaucoup de couples n'ont pas de
contacts physique en dehors des rapports intimes. Or on sait que le Prophète
Paix et bénédiction de Dieu sur lui- mettait souvent sa tête sur les genoux de
Aicha que Dieu soit satisfait d'elle, ils s'enlaçaient et s'embrassaient donc
quoi de plus naturel que de prendre sa moitié par la main, lui caresser le
visage, lui dire des mots doux, des compliments, instaurer de bonnes routines
(comme les bisous du matin et du soir) qui quand on y déroge, renseigneront sur
l'humeur du conjoint. A ce propos, le Prophète 'Paix et bénédiction de Dieu sur
lui- avait dit un jour à Aicha ?que Dieu soit satisfait d'elle- « Je sais quand
tu es contente de moi et quand tu es fâchée contre moi » Elle demanda comment,
il répondit « quand tu es contente tu dis « par le Dieu de Mohammed » et quand
tu es fâchée contre moi tu dis « par le Dieu de Ibrahim.».
Ces attentions, matérielles ou pas, alimentent la tendresse dans le couple et le
rendent plus uni.



La communication :

La communication dans le couple est vitale. Communiquer c'est pouvoir s'exprimer
et être écouté sans être jugé .C'est aussi savoir écouter et être compréhensif.
La communication non verbale est aussi importante que la parole car les mots
peuvent parfois dépasser la pensée alors que
« le corps par ses attitudes est le
reflet de l'âme intérieure ».
Communiquer c'est donc aussi savoir décoder les
comportements, les mimiques et la gestuelle.
Il faut du temps et de la patience pour comprendre tous ces codes. Prenons
l'exemple du silence dans une conversation de couple, chez certains il est
l'expression du mépris, chez d'autres il signifie l'incompréhension et chez
d'autres encore le sentiment d'être compris sans même avoir à parler.
Malheureusement, la communication dans le couple est trop souvent réduite à
parler du quotidien « où sont mes chaussettes, ramène moi 1kg d'oignons, qu'est
ce que tu as fait à manger etc?», alors qu'elle doit aider à exprimer ses
sentiments, ses désirs, ses états d'âme, à parler de ce qui ne va pas pour y
remédier. Elle doit permettre un échange réciproque qui forgera la complicité
dans le couple.
La communication doit être enrichie pour durer.
Comment ?
Veiller à partager ses opinions à propos d'un événement, à avoir les mêmes
centres d'intérêt, à impliquer le conjoint dans ses projets. Mais aussi prendre
de temps en temps un peu de distance l'un par rapport à l'autre pour avoir des
choses à se raconter.



Le respect :

Une relation humaine dénuée de respect, et à plus forte raison une relation
conjugale, n?est pas viable. Malheureusement, il faut avouer que trop de couples
musulmans vivent un rapport de dominant/dominé dans lequel le respect est
absent.
Qu'entend on par respect ?
Le prophète -Paix et Bénédictions de Dieu sur lui- a dit : « celui qui honore sa
femme est un honorable, celui qui méprise sa femme est méprisable »Respecter son conjoint, c'est l'écouter attentivement quand il parle,
c'est-à-dire réagir sans dénigrer ce qu'il dit, mais réfléchir aux propos et
s'il y a désaccord, l'exprimer sans haine ni mépris car loin de résoudre le
problème, le mépris rabaisse la personne ce qui est réprouvé en islam. Se
respecter c'est se concerter sur les petites comme les grandes choses (sauf s'il
y un accord tacite, inutile d'alourdir la communication). Le respect c'est aussi
tenir compte et essayer de comprendre les idées de son conjoint surtout si on ne
les partage pas, c'est aussi tenir compte de ses envies et de ce qu'il ou elle
n'aime pas. Respecter son conjoint se traduit par des égards particuliers pour
la personne qui partage notre vie.
En somme c'est avoir de la considération pour ce qu'il ou elle fait, ce qu'il ou
elle dit et pour ses idées.




La confiance :

La confiance est un trésor que le couple se doit de protéger. Elle s'entretient,
se renforce par une communication aussi claire que possible. L'engagement dans
la vie à deux repose sur elle. Elle s'exprime dans la mise à nu du corps et de
l'esprit. C'est donner son coeur, son corps dans l'espoir d'une alliance qui dure
et d'un engagement véritable. C'est avoir la certitude que son époux ou épouse
ne manquera pas à ses devoirs. Le Prophète Paix et bénédiction de Dieu sur lui-
a dit « chacun de vous est un gardien et est responsable de ce dont il a la
garde ». La confiance en soi et en l'autre permet surtout un sentiment de
sécurité et de sérénité, sentiments auxquels le couple ne peut se soustraire.




Conclusion

Nos familles sont à l'image de nos sociétés. La stabilité du couple engendre la
stabilité de la famille qui engendrera la stabilité de la société. Ces siècles
de dictature et despotisme n'ont pas facilité l'expression et le développement
de la séduction dans le couple. L?'rt de raviver la flamme, allumée depuis des
années, doit faire partie de nous, nous devons nous rééduquer en ce sens. Il
suffit pour cela de regarder de plus prêt nos Textes et pourquoi pas les écrits
profanes sur ce sujet, car même s'il ne sont pas empreints de notre éthique, le
travail de recherche n?est pas pour autant à dévaloriser, il faut apprendre à
prendre le bien là où il se trouve.
Se rappeler que chaque couple est une création unique. Nous venons de citer les
grandes lignes pour une vie de couple réussi mais les petites lignes sont à
découvrir ensemble, en apprenant à se connaître soi-même, à connaître son
conjoint et permettre ainsi une cohésion dans la relation qui sera propre à
chaque couple.
Rappelons que aimer et être aimé c'est vivre. Ce sentiment s'enracine dans le
coeur et se traduit dans les actes. Il n'y a pas d'amour sans preuve d'amour. Il
est la clé de voûte d'une relation durable, stable et apaisée.

Publié le 3 Février 2007

Lorsque les conditions sont favorables et que la main d'une femme est accordée, les fiançailles doivent se dérouler aux dispositions fixées par l'Islam.
Parmi lesquelles il y a ce qui est donc licite (permis) et illicite (interdit).


Licites :


La possibilité de regarder la prétendante

Le Prophète s.a.w a dit :
"Quand l'un de vous demande la main d'une femme et juge nécessaire de voir en elle des choses qui l'encouragent a l'épouser, qu'il le fasse" rapporté par Abu Dawud et Ahmad

Lorsque Al-Mugira fit savoir au Prophète qu'il avait demandé la main d'une femme, le Messager de Dieu s.a.w lui dit : "Regarde la bien car cela est plus à même de prolonger votre vie conjugale". Il alla trouver les parents de la femme et leur fit part de ce que le Prophète s.a.w avait dit, mais les parents prirent mal la chose.
La femme en question entendit leur conversation à son sujet, sortit et dit : "Si c'est bien le Prophète Mohamed s.a.w qui t'a ordonné de me regarder, regarde-moi donc".
Al-Mugira dit : "Je la vis et l'épousai". rapporté par At-Tirmidi.

l'Islam autorise donc de regarder la femme qu'il desire epouser mais cela ne veut pas dire qu'il faut exagerer au point de se délester et de se laisser abuser par le Sheytan.
De plus, l'accord de la fille et des parents auquel font suite les fiancailles ne doit pas amener les parents à donner la possibilité au prétendant de donner libre cours pour disposer de la fille à sa guise.

Illicite :


Il n'est pas autorisé au prétendant et a la prétendante de rester seuls en tête à tête. Donc il faut la presence d'une 3eme personne pour eviter que se soit le Sheytan.

L'Islam vise donc à mettre à l'abri les 2 fiancés des appels du mal et mauvaises inspirations qui pourraient amener les 2 à se rapprocher ou même de se serrer la main ou toucher une partie du corps alors que tous ceci est INTERDIT pour un musulman

Hadith :

Le Prophète Mohamed s.a.w a dit : " Celui qui croit en Allah et au Jour Ultime, qu'il ne reste surtout pas avec une femme non accompagnée d'un parent ne pouvant pas l'épouser (père, oncle, frère..) car leur troisième sera Sheytan " rapporté par Ahmad.

Donc si un frère souhaite connaître plus amplement la fille et souhaite dpnc rester en sa compagnie par moments qu'il le fasse avec la présence de l'un des parents ne pouvant donc pas l'épouser.

source: http://fashionislam.skyblog.com





 

Publié le 3 Février 2007


De nombreuses personnes veulent savoir si l'islam permet, pour découvrir "l'âme sœur", de sortir ensemble, d'aller se promener main dans la main.

En somme, elles veulent savoir comment faire quand on désire se marier.


Celui ou celle qui veut se marier passe en général par les cinq étapes suivantes :

1- Je désire me marier ("urîdu an atazawwaja"), mais je n'ai pas encore connaissance d'une personne susceptible de m'intéresser.

2- J'ai connaissance d'une personne susceptible de m'intéresser ("fî qalbî khitbatuhâ"), mais ce n'est qu'une éventualité : je n'ai pas encore pris la décision de la demander en mariage.

3- J'ai pris ma décision. Je fais ma proposition de mariage ("akhtibuhâ"). Cependant, je n'ai pas encore la réponse car un délai de réflexion m'a été demandé.

4- Ma demande est acceptée mais nous ne sommes pas encore mariés. (Si ma demande n'est pas acceptée, je recommence à l'étape 1.)

5- Nous nous marions ("na'qidu-n-nikâh").

Jusqu'avant l'étape n° 5, on n'est pas encore mari et femme et on doit donc respecter toutes les règles offertes par l'islam : la 'awra doit être recouverte, on ne doit pas se faire la bise, on ne doit pas être seuls ensemble dans une pièce, on ne doit pas sortir ensemble, etc., comme explicité sur plusieurs articles de notre site.


Entre l'étape 1 et l'étape 2 (je désire me marier mais suis pour le moment à la recherche d'une personne susceptible de m'intéresser) :

Ici entrent d'abord en jeu les critères que chacun et chacune devraient prendre en compte pour la recherche de la personne avec qui ils vont se marier. Lire à ce sujet mon article : Les critères pour choisir son conjoint.

Quant à la question de savoir comment faire pour rencontrer la personne voulue, avec les critères voulus, je dirai ceci : tous les moyens qui n'entrent en contradiction avec aucun principe de l'islam restent autorisés. On peut par exemple se renseigner auprès d'amis ; on peut aussi avoir recours aux services d'une agence matrimoniale qui respecte les principes éthiques musulmans.


Entre l'étape 2 et l'étape 3 (on a eu connaissance de quelqu'un et on pense à l'éventualité de se marier avec cette personne ; cependant, on n'a pas encore pris la ferme décision de le faire) :

  • En ce qui concerne l'homme :

    Le Prophète a dit : "Lorsque l'un d'entre vous a dans son cœur l('intention de) demander en mariage une femme, il n'y a pas de mal à ce qu'il la regarde" (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 98). "Lorsque l'un d'entre vous a (l'intention de) demander en mariage une femme, il n'y a pas de mal à ce qu'il la regarde s'il le fait en vue de la demander en mariage, même si elle ne sait pas (qu'il la regarde)" (Ibid., n° 97). "Lorsque l'un d'entre vous a (l'intention de) demander en mariage une femme, alors s'il a la possibilité de regarder ce qui l'amènera à l'épouser, qu'il le fasse" (Ibid., n° 99).

    Il s'agit de l'étape où l'on connaît une personne avec qui on pourrait se marier, mais où on n'a pas encore pris la décision de se marier avec elle : il est alors permis de la regarder. La plupart des savants sont d'avis qu'il est permis de la regarder sans qu'elle soit au courant. An-Nawawî dit même qu'il est mieux qu'elle ne soit pas au courant, car demander aux parents d'une jeune fille la permission de voir celle-ci face à face dans l'éventualité d'un mariage puis signifier à eux ou à la jeune fille que cette dernière ne lui convient pas blesserait leurs sentiments (Shar'h Muslim). D'ailleurs Muhammad ibn Maslama, un Compagnon du Prophète, qui envisageait de se marier avec Thaniyya bint adh-Dhahhâk, l'avait regardée sans qu'elle le sache (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 98). Jâbir ibn Abdillâh avait de même regardé la femme qu'il envisageait d'épouser sans qu'elle le sache (rapporté par Aboû Dâoûd, n° 2082, authentifié par al-Albânî).
    Qu'est-il alors permis de regarder chez cette femme ? Les avis des savants sont divergents sur le sujet. Certains savants disent qu'on ne peut alors regarder que le visage et les mains. Ibn Qudâma pense que l'avis suivant est le plus pertinent : cet homme peut voir de cette femme ce qui apparaît d'elle d'habitude quand elle est entre les siens : le visage, les mains, la chevelure.

    On doit ici se rappeler que l'islam a fixé des principes pour la présence d'un homme et d'une femme qui ne sont pas proches parents et ne sont pas mariés (ou encore mariés).

    Si cette personne convient apparemment à notre personne, elle peut lui faire connaître son intention et passe ensuite à l'étape 3 : elle la demande en mariage. Ces deux personnes pourraient ensuite convenir d'un rendez-vous (respectant les critères éthiques figurant dans l'article susmentionné).

  • En ce qui concerne la femme :

    Ce que nous avons vu là est le cas classique : l'homme demande à la femme de l'épouser et celle-ci se renseigne sur cet homme, le regarde, etc., puis accepte ou décline sa demande en mariage. Mais l'inverse est tout à fait possible : une femme peut proposer à un homme le mariage. Une femme était ainsi venue se proposer en mariage au Prophète (sur lui la paix), mais celui-ci ne se maria finalement pas avec elle (rapporté par al-Bukhârî). Le savant musulman Abû Chuqqa écrit pour sa part : "Un ami m'a raconté comment, pendant son voyage [dans un pays], une femme s'est présentée à lui en lui proposant de se marier avec elle. Devant son ahurissement, elle lui dit : "Je ne te propose pas là de faire quelque chose d'interdit (harâm). Je te propose le mariage selon la voie du Prophète (sur lui la paix). Si tu es d'accord, nous nous rendrons auprès du juge et nous conclurons le mariage en présence de deux témoins" (Tahrîr ul-mar'a, tome 5 p. 33).


    Entre l'étape 3 et l'étape 4 (la demande a été faite et nous n'avons pas encore pris de décision) :

    Il faut rappeler qu'en islam, personne ne peut obliger une femme à se marier avec un homme si elle ne le veut pas. Deux cas sont rapportés qui montrent deux femmes venir se plaindre au Prophète (sur lui la paix) du fait que leur père les avait mariées contre leur gré : une de ces femmes avait, auparavant, déjà eu un autre mari, l'autre n'avait jamais été mariée avant cela. Dans les deux cas le Prophète leur donna le choix d'annuler le mariage. (Le premier cas est rapporté par al-Bukhârî et Aboû Dâoûd, le deuxième par Aboû Dâoûd, hadîth n° 2096, authentifié par al-Albânî.)

    Après que la demande en mariage ait été faite, la personne concernée pourrait se donner un éventuel délai pour réfléchir davantage, pour demander conseil à Dieu par la salât al-istikhâra, et pour que la femme obtienne l'avis favorable de ses parents (comme enseigné par le Prophète).

    Si tous les deux se sont ensuite mis d'accord pour se marier, nous arrivons à l'étape 4 et les choses continuent.
    Mais si la demande n'est pas acceptée d'un côté ou de l'autre, le processus que nous évoquons ici est interrompu et on remonte à l'étape 1 (il ne faut pas se décourager).


    Entre l'étape 4 et l'étape 5 (ma demande a été acceptée mais le mariage n'est pas encore fait) :

    Accepter une demande en mariage signifie faire la promesse de se marier. Nos deux personnes se sont donc promis de se marier, mais elles ne sont pas encore mariées. Elles doivent donc toujours respecter les règles données par l'islam pour la présence d'hommes et de femmes. (Voir les articles à ce sujet sur ce site).
    Cependant, de façon modérée et dans le cadre de ces règles, elles peuvent se rencontrer (en compagnie de proches parents – mahram – de la femme), elles peuvent se faire des petits cadeaux, etc.


    Etape 5 (le mariage est conclu) :

    Arrive le "grand jour" : après le contrat (nikâh) verbal et/ ou écrit, ces deux personnes deviennent mari et femme, et elles peuvent dès lors vivre ensemble comme tels. C'est dans ce contrat et avant qu'il soit officialisé par mari et femme qu'il faut préciser les conditions éventuelles (par exemple la condition émise par la femme et disant que son mari ne devra pas contracter de second "nikâh", etc.).

    Ces étapes et les règles qui s'y rapportent sont inspirées du livre Tahrîr ul-mar'a, par Abû Chuqqa (tome 5 pp. 29-40). Les sources de ces règles – avec avis de ulémas – y sont également visibles.

    Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

  • source: http://www.maison-islam.com

  • Publié le 3 Février 2007

     

    Soucieux de voir les couples formés être le plus stables possible, l'islam a encouragé les jeunes gens à se marier avec des gens avec qui ils ont le plus de chances possibles de pouvoir vivre une vie conjugale ensemble. L'apparence physique compte bien sûr, et c'est bien pourquoi l'islam a permis et même exhorté à se voir avant le mariage, afin que les deux (éventuels) futurs conjoints voient s'ils se conviennent l'un et l'autre. Cependant, l'islam enseigne aussi que l'apparence physique ne doit pas être le premier et le seul critère du choix : vivre ensemble toute une vie demande que l'on recherche des qualités autres que la seule beauté...


    Quels critères prendre en compte quand on recherche la princesse de sa vie ou le prince charmant de ses rêves ?

    Premier point :

    Un musulman et une musulmane devraient orienter leur recherche en fonction de l'important critère que constitue pour eux le fait de vivre réellement l'islam ("dîn") : il ne s'agit pas d'un aspect bigot mais d'une réelle présence, au quotidien, de ce que l'islam demande d'actes cultuels mais aussi d'une conception précise de la vie, de valeurs particulières, de spiritualité, etc.
    Le Prophète a dit : "On se marie avec une femme pour une de ces quatre choses : pour son argent, pour sa parenté, pour sa beauté et pour sa pratique de la religion. Réussis donc, pauvre de toi, en choisissant celle qui pratique la religion" (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). L'apparence physique compte aussi, nous allons le voir, mais ce qui est dit ici c'est qu'il ne devrait pas constituer le premier critère sur lequel se basera notre choix.


    Second point :

    Quelque chose d'autre à prendre compte est le caractère de la personne : il faut choisir comme futur conjoint une personne avec le caractère de qui on a des affinités. Imaginez quelqu'un de caractère très "soft" se marier avec une personne au caractère très impulsif : comment feront-ils pour s'entendre ?
    Le Prophète n'a-t-il pas dit : "Les meilleurs femmes à avoir utilisé comme moyen de transport les chameaux [euphémisme pour décrire les Arabes] sont les femmes qurayshites : elles sont celles qui accordent le plus d'attention à l'enfant pendant son enfance, celles qui font le plus attention à ce que possède le mari." (rapporté par Al-Bukhârî). "Les gens sont comparables à des minerais, comme les minerais d'or et d'argent. Ceux qui étaient les meilleurs avant la venue de l'islam sont les meilleurs dans l'islam à condition qu'ils comprennent (l'islam)" (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).

    Il ne faut cependant pas oublier que la vie n'est pas un conte de fées, et que lorsqu'on se mariera, il y aura toujours quelques petits points pour lesquels on sera quelque peu déçu. Il faut faire avec. Le Prophète (sur lui la paix) avait dit : "Un croyant ne devrait pas détester une croyante [sa femme] : s'il n'apprécie pas un de ses traits de caractères, il en apprécie un autre" (rapporté par Muslim). Le Prophète nous a donc montré que plutôt que de se focaliser sur le trait du caractère de notre conjoint, qui ne nous plaît pas, il fallait porter son attention sur toutes les qualités de ce conjoint, sur tous les points que l'on a en commun.


    Troisième point :

    Le mieux serait d'éviter autant que possible de rechercher une personne avec qui on a de trop grandes différences au niveau de l'âge, du niveau culturel, etc.
    Ainsi, Aboû Bakr et 'Umar avaient demandé en mariage Fâtima, la fille du Prophète (sur lui la paix). Il leur dit : "Elle est petite" (rapporté par Al-Hakim). Il la maria ensuite à 'Alî, qui était beaucoup plus jeune.
    Mustafâ as-Sibâ'î a écrit des lignes très pertinentes au sujet de point dans son livre Al-Mar'a bayn al-fiqh wal-qânûn, pp. 63-65. Il y dit également que si tout mariage est valide entre deux personnes consentantes, quelle que soit la différence d'âge entre les deux, en Syrie le juge aux affaires familiales peut refuser le mariage d'un homme très âgé avec une très jeune femme quand il estime, au vu de la réalité, que ce mariage n'a comme objectif que des intérêts contraires à l'esprit des règlements musulmans (par exemple que le seul objectif du mariage est de permettre à la famille de la jeune femme de profiter de la richesse du vieillard, etc.). Cette mesure est destiné à protéger les jeunes femmes et à leur garantir une vie conjugale heureuse.


    Quatrième point :

    C'est dans le cadre des critères précédents que l'on tiendra compte de l'apparence physique. Car ce critère-là a aussi son importance. Le Prophète avait dit à un homme qui pensait épouser une femme ansârite : "Regarde-la. Les Ansâr ont quelque chose de particulier dans les yeux" (rapporté par Muslim). A al-Mughîra ibn Shu'ba, le Prophète dit de même : "Va et regarde-la. Cela sera plus à même de faciliter l'affinité entre vous deux" (rapporté par at-Tirmidhî).


    Cinquième point :


    Il ne faut enfin pas oublier que les sources de l'islam enseignent que la jeune femme a le devoir de demander l'avis de ses parents (en fait son père, mais celui-ci doit de toute façon consulter la mère de sa fille). Quels sont les critères que le responsable (walî) qu'est le père peut prendre en compte, et quels sont les critères qu'il ne peut pas prendre en compte ? Nous allons le voir ensemble…

    Ici entre en jeu la notion de kafâ'ah, qui signifie "être de même niveau". Cette notion n'est pas prise compte en ce qui concerne la femme : celle-ci peut ne être d'un niveau en-deçà de celui avec qui elle désire se marier. C'est l'homme, lui, qui doit être au moins d'un niveau comparable à celui de la femme avec qui il projette de se marier. On dit alors qu "'il est kufu' pour elle". C'est là une mesure destinée à mettre davantage de chances pour que la femme soit heureuse auprès d'un mari qui est d'un niveau comparable au sien.

    En islam, la notion de comparabilité du niveau est connue du droit musulman et a été citée dans certains Hadîths du Prophète : "Ne retarde pas trois choses : (…) et le mariage d'une femme célibataire lorsque tu rencontre quelqu'un qui [veut l'épouser, qu'elle veut épouser, et qui] est d'un niveau comparable au sien" (rapporté par at-Tirmidhî, n° 171, n° 1075, hadîth hassan d'après al-Albânî). "Lorsque celui dont vous agréez la religion et le caractère vous demande (la main de votre fille), mariez-les [quand votre fille veut se marier avec elle]. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et un grand mal sur la terre" (rapporté par at-Tirmidhî, n° 1084, 1085, hadîth hassan d'après al-Albânî).

    La prise en compte de cette notion de "niveau" signifie que le tuteur de la jeune femme (walî) peut tenir compte de cette notion avant de donner son accord au mariage de sa fille et du jeune homme. Car étant jeune on ne connaît pas autant les choses de la vie que ses parents, et on pourrait se laisser charmer par des paroles mielleuses mais en réalité pleines de fourberie. "Ce jeune homme ne convient pas à ma fille et je m'oppose donc au mariage", peut dire le tuteur.

    Quels critères entrent en jeu pour que le tuteur établisse si le jeune homme qui lui demande la main de sa fille est d'un niveau comparable à celui de celle-ci ou pas ?

    Les avis des savants sont divergents à propos de ces critères.

  • D'après l'avis de Mâlik (repris par Ibn Qayyim), les seuls critères que le tuteur peut prendre en compte sont les deux choses qui ont été mentionnées dans le Hadîth déjà cité plus haut : le degré de pratique de la religion et le caractère. "Lorsque celui dont vous agréez la religion et le caractère vous demande (la main de votre fille), mariez-les [si la fille veut se marier avec lui]. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et un grand mal sur la terre" (rapporté par at-Tirmidhî, n° 1084, 1085, hadîth hassan d'après al-Albânî).
    Une musulmane ne peut donc être mariée à un non-musulman, et une musulmane pieuse ne doit pas être donnée en mariage à un musulman qui n'est pas pieux. De même, une musulmane de bon caractère ne doit pas être donnée en mariage à un musulman de mauvais caractère.
  • Le savant syrien Mustafâ as-Sibâ'î écrit quant à lui qu'en Syrie, le code des affaires familiales avait, sur la base de l'avis de Abû Hanîfa, gardé comme critère sur lequel le responsable (walî) pouvait se baser pour dénoncer un mariage, la notion de comparabilité (kufu') du niveau du mari par rapport à celui de la femme. Cependant, la loi syrienne avait établi que la notion de niveau était laissée à l'appréciation du juge de la région dans laquelle le mariage était conclu (Al-mar'a bayn al-fiqh wal-qânûn, p. 66).

    En cas d'abus du responsable (père par exemple), que faire ?

    Cette disposition du droit musulman a pour objectif, je l'ai dit, de protéger la jeune femme des escrocs charmeurs, en faisant en sorte que l'accord du tuteur soit nécessaire en plus du désir de la jeune femme. Cependant, il peut arriver qu'un père fasse une utilisation abusive de cette disposition et empêche injustement sa fille de se marier. Le droit musulman a prévu cette difficulté, et les juristes musulmans ont émis l'avis qu'au cas où elle s'estime victime d'un abus de ce genre, la jeune femme doit s'en référer au juge musulman (qâdhî), qui examinera l'affaire : si le refus du responsable (walî) est effectivement abusif, le juge mariera lui-même cette jeune femme. (Pour plus de détails, se référer à Fiqh us-sunna, Sayyid Sâbiq, tome 2 pp. 410-411.)

    Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

  • source: http://www.maison-islam.com

  • Publié le 3 Février 2007

    Question :

    Je voudrais me marier devant Dieu. Comment se célèbre donc le mariage religieux en islam ?



    Réponse :


    Ce que vous nommez un "mariage religieux" est connu chez les musulmanes et les musulmans sous le nom de "fâtiha", ou de "nikâh", d'après les différents noms qui lui sont donnés dans différentes communautés musulmanes du monde.


    Vous avez décrit ce mariage religieux comme étant un "mariage devant Dieu". C'est vrai. Mais je dois rappeler qu'en islam, tout acte se fait devant Dieu, qu'il s'agisse d'un acte appelé en français "religieux" ou qu'il s'agisse d'un acte appelé "civil". En islam le mariage n'est pas un sacrement, c'est un contrat verbal (qui peut également être écrit). Il est sacré, c'est vrai, mais tout est sacré en islam du moment que cela est fait dans le cadre de ce que l'islam permet et avec le souvenir de la Présence de Dieu. La "bénédiction" est dès lors effective, et il n'est pas besoin d'un imam ou d'un cheikh pour obtenir la bénédiction, car celui-ci n'est ni un représentant de Dieu ni Son intermédiaire pour les autres croyants. L'intermédiaire entre Dieu et l'homme est le cœur de ce dernier, mais il faut, pour obtenir la bénédiction divine, également tenir compte du cadre que l'islam permet.

    Nous allons voir ensemble, ci-après, la façon de procéder pour le "nikâh" / "fâtiha". Notez que c'est là la façon complète de faire. Cependant, si les points 2, 3 et 4 uniquement ont été pratiqués, le "nikâh" / "fâtiha" est valable (voir Fatâwâ mu'assira, tome 3 p. 291 et p. 301).


    1) Formule d'invocation en préambule :


    Le Prophète a enseigné de réciter, avant toute chose importante – mariage ou autre –, la formule suivante : "Louange à Dieu. Nous faisons ses louanges, nous lui demandons son aide et son pardon. Nous demandons à Dieu de nous protéger contre le mal de nous-mêmes et contre ce que nous avons fait de mal. Celui que Dieu guide, personne ne peut l'égarer. Et celui qu'Il égare, personne ne peut le guider. Je témoigne qu'il y a de divinité que Dieu, qui est seul et n'a point d'associé. Et je témoigne que Muhammad est son serviteur et son messager." Le Prophète a enseigné de réciter ensuite les trois versets coraniques suivants : "O les croyants, craignez Dieu comme il le mérite, et ne mourrez qu'en étant soumis" [Coran 3/102]. "O les humains, craignez votre Seigneur qui vous a créés à partir d'une seule personne de qui il a créé son conjoint. Il a, de ces deux (personnes), disséminé beaucoup d'hommes et de femmes. Et craignez Dieu au nom de qui vous vous demandez, ainsi que les parentés. Dieu observe ce que vous faites" [Coran 4/1]. "O les croyants, craignez Dieu et tenez des propos droits, Dieu réformera vos actions et pardonnera vos péchés. Et celui qui suit ce que Dieu et son Prophète (ont dit), celui-là a réussi d'un énorme succès" [Coran 70-71].

    C'est ce préambule que le Prophète recommandait de réciter (rapporté par de nombreux ouvrages de Hadîths, voir Khutbat ul-hâja).


    2) Accord de l'homme, de la femme et du représentant de celle-ci :

    Ensuite, l'homme et la femme qui vont se marier expriment (devant au moins deux témoins, nous allons y revenir), leur engagement à vivre comme mari et femme.
    Un Hadîth dit en sus : "Pas de mariage sans responsable (walî)" (rapporté par Abû Dâoûd). Ce Hadîth dit-il qu'il est nécessaire que le responsable soit présent au moment du mariage et donne son accord, ou bien exprime-t-il que ce qui est nécessaire, c'est que la femme qui va se marier ait eu l'accord de ce responsable, celui-ci fût-il absent au moment du mariage ? Cette nécessité concerne-t-elle toute femme qui se marie ou bien seulement la jeune femme qui se marie pour la première fois et non la femme veuve ou divorcée ? Ou bien s'agit, dans ce Hadîth, d'une simple recommandation du moment que la femme se marie avec quelqu'un qui convient (kufu') ? Les avis sont partagés à ce sujet entre les savants : voir mon article Est-il interdit à la femme de se marier seule en islam ?


    3) Le douaire (mahr) :

    Ces deux personnes se seront également, au préalable, mises d'accord sur un montant précis (douaire, "mahr"), que le mari devra donner à sa femme. Dieu dit dans le Coran : "Donnez aux femmes leur douaire en tant que présent" (Coran 4/4).

    Le mieux est que le montant du douaire soit également précisé lorsque les deux personnes expriment leur volonté de vivre ensemble dans ce contrat verbal (Fat'h ul-bârî, tome 9 p. 264). Et si ces deux personnes s'étaient mises d'accord au préalable à propos d'un montant mais ne rappellent pas ce montant du douaire au moment de conclure le contrat de mariage, cela est aussi valable et c'est ce montant que le mari devra donner à son épouse. Par contre, si ces deux personnes se marient sans s'être mises d'accord sur le montant du douaire (ni avant le contrat verbal ni lors de ce contrat), alors la femme aura droit, comme douaire, à la moyenne de ce que se voient offrir les femmes de sa famille lors de leur mariage (Fat'h ul-bârî, tome 9 p. 264). De même, si lors du contrat elles se sont mariées avec comme condition que l'homme ne donnera pas de douaire à sa femme, cette condition est nulle, le mariage reste valable et la femme recevra en douaire la moyenne de ce qu'ont reçu les femmes de sa famille.

    Par le douaire, l'homme témoigne de son affection pour la femme avec qui il se marie (c'est un présent) ; il témoigne aussi de son engagement dans cette relation (qui n'est pas temporaire mais perpétuelle) ; enfin il montre, en donnant ce présent, qu'il va, conformément à ce que dit l'islam, continuer à dépenser de ses biens pour subvenir aux besoins de la femme qu'il épouse (cf. Fatâwâ mu'âssira, tome 2 pp. 343-345).

    Il ne faut pas que le douaire soit trop élevé, ni qu'il soit insignifiant. Il y a eu comme exemples de douaires donnés par des Compagnons à leur épouse : une cotte de maille ('Alî), quinze grammes d'or ('Abd ur-Rahmân ibn 'Awf), cent soixante pièces d'argent (un Compagnon), un verger entier (Thâbit ibn Qays), etc. (Tahrîr ul-mar'a, tome 5 pp. 59-61). Le Prophète lui-même s'est marié en offrant des douaires allant de quatre cents pièces d'argent (rapporté par an-Nassaï) à cinq cents pièces d'argent (rapporté par Muslim). Quatre cents pièces d'argent représentaient, à l'époque, une somme permettant d'acheter quarante chèvres, ou quatre chameaux, ce qui représente une somme qui, sans être excessivement élevée, est quand même conséquente.

    L'homme qui va se marier peut également, s'il dispose de revenus trop modestes, fixer un montant conséquent, mais qu'il donnera progressivement à celle qui va devenir son épouse : une partie au comptant, et le reste au fur et à mesure. Le tout, cependant, est que chacun tienne compte de ses possibilités financières immédiates et sur le long terme. Omar l'a bien dit : "N'élevez pas excessivement les douaires des femmes. Car s'il s'agissait d'une cause d'honneur dans ce monde ou de piété auprès de Dieu, le Prophète l'aurait le plus mérité. Or ni lui n'a offert comme douaire à l'une de ses femmes ni l'une de ses filles ne s'est vue offrir en douaire un montant supérieur à quatre cent quatre-vingt pièces d'argent. Or il arrive qu'un homme élève excessivement le montant du douaire de sa femme, au point qu'ensuite il se mette à la détester en son cœur et à dire "On me demande jusqu'au fil qui attache l'outre" (rapporté par an-Nassaï).


    3') Eventuelles conditions additives au contrat de mariage :

    Si les deux personnes s'étaient aussi mises d'accord sur des conditions à propos de leur vie conjugale, elles les énonceront également lors de la conclusion du mariage. "Les conditions qui méritent le plus d'être appliquées sont celles qui ont été faites lors de ce qui a rendu licite les relations intimes [= le mariage]" (rapporté par Al-Bukhârî). Mari et femme devront alors respecter ensuite ces conditions.
    Toutes les conditions formulées lors d'un contrat de mariage ne sont cependant pas forcément valables. Sont ainsi nulles :
    - la condition qui contredit une règle formelle de l'islam (comme par exemple dire "Nous nous marions, mais à condition que chacun laisse à l'autre la possibilité de lui être infidèle"), - la condition qui contredit l'un des objectifs du mariage ("Nous nous marions à condition que nous n'ayons pas de relations intimes"),
    - la condition qui contredit l'organisation du mariage ("Je te prends comme épouse à condition que je ne te donne pas de douaire" ou "à condition que c'est toi, l'épouse, qui contribueras à mes dépenses"),
    - la condition qui touche un des droits d'une autre personne que le mari et sa femme ("Je t'accepte comme époux à condition que tu divorces de ton autre épouse").
    Par contre, sont valables les conditions qui n'entrent pas dans une des catégories ci-dessus, comme par exemple celle de dire : "Je te prends comme époux à condition que tu ne prendras pas de seconde épouse tant que nous resterons mari et femme". (Voir Islâm aur jadîd mu'âsharatî massâ'ïl, pp. 35-45 – Al-mar'a bayn al-fiqh wal-qânûn, pp.67-70 – Fatâwâ mu'assira, tome 3 pp. 293.)


    Comment appliquer concrètement ces points 2 et 3 ?

    La concrétisation des points 2 et 3 peut se faire de plusieurs manières, pourvu que l'accord de chacun soit exprimé. Voici quelques-unes de ces possibilités :

    Le responsable (walî) de la femme marie l'homme et la femme en leur demandant à chacun s'ils sont d'accord pour vivre ensemble comme mari et femme, rappelle le montant du douaire, les éventuelles conditions du contrat, etc. Il dit par exemple au jeune homme : "Acceptes-tu de prendre comme épouse Mlle Untel, le montant du douaire étant fixé à tant ?" et à la jeune femme : "Acceptes-tu de prendre comme époux M. Untel, le montant du douaire étant fixé à tant" ?

    Il se peut également (même si ce n'est pas obligatoire, comme nous allons le voir) que ce soit un imam qui les marie. Il dit par exemple au responsable (walî) : "Donnes-tu la main de ta fille en mariage à M. Untel, le montant du douaire étant fixé à tant ?" et au jeune homme : "Acceptes-tu de prendre comme épouse Mlle Untel, le montant du douaire étant fixé à tant" ?

    Ou bien les deux personnes elles-mêmes font verbalement le contrat d'accepter de vivre ensemble comme mari et femme, avec l'accord du responsable (d'après ceux des savants qui pensent que l'accord de celui-ci suffit).
    Les termes cités ici peuvent changer, ce qui importe étant que le mariage soit conclu avec l'expression de l'accord de toutes les parties voulues.


    4) Annonce du mariage :

    Le mariage ne doit pas être gardé secret mais annoncé. Le degré minimal de cette annonce est la présence d'au moins deux témoins musulmans lorsque les parties voulues concluent l'acte de mariage (le contrat verbal cité plus haut). Le Prophète a dit : "Pas de mariage sans responsable (walî) et deux témoins" (Sahîh al-jâmi' as-saghîr, n° 7434). Sans cette "annonce" minimum que constitue la présence d'au moins deux témoins au moment de l'acte de mariage, le mariage n'est pas valide (d'après la majorité des savants).
    En plus de ce degré minimal, le mieux est que le mariage soit également annoncé aux proches, aux amis, bref aux gens dans la mesure du possible. Le Prophète a ainsi dit : "Annoncez le mariage" (cité dans Adâb uz-zafâf, p. 111), "…Ceci est un mariage et non de l'adultère. Annoncez le mariage" (cité dans Tahrîr ul-mar'a, tome 5 p. 81). C'est bien une des raisons pour lesquelles le Prophète a recommandé chants et musique après l'acte de mariage.


    5) Chants autorisés et musique autorisée, beaux vêtements :

    Après l'acte de mariage (ou quelque temps après, en fonction des possibilités offertes par le lieu où a eu lieu l'acte), on peut avoir recours à des chants autorisés, à de la musique autorisée (c'est-à-dire au tambourin). Faisant ainsi on exprime sa joie de même qu'on contribue à annoncer le mariage. Aïcha avait marié une jeune femme de sa parenté. Lorsqu'elle revint, le Prophète lui demanda : "N'avez-vous pas organisé un divertissement ? Les Ansâr aiment le divertissement" (rapporté par al-Bukhârî). On peut à ce sujet avoir recours à des chants ne contredisant aucun principe de l'islam, à de la musique de tambourin. Le Prophète l'a explicitement approuvé lors de mariages (voir les références dans Tahrîr ul-mar'a, tome 5 pp. 80-81). Le tout est que, ce faisant, on ne contredise aucun principe de l'islam. Il faut aussi veiller à ne pas déranger les voisins par du bruit intempestif, conformément aux Hadîths bien connus du Prophète demandant aux musulmans de ne jamais causer du tort à leurs voisins.

    Il est également normal que les nouveaux mariés se parent de leurs beaux vêtements à l'occasion de leur mariage et / ou de leurs noces (en respectant bien entendu les principes de l'islam en la matière). A l'époque du Prophète, à Médine, où la situation financière de nombreux musulmans était très modeste, Aïcha possédait une robe que la femme qui allait se marier lui empruntait pour ses noces (rapporté par al-Bukhârî).


    6) Félicitations, prières et cadeaux :

    Les proches et les amis prononcent des prières de bénédiction à l'intention des nouveaux mariés quand ils les rencontrent ou apprennent qu'ils se sont mariés. Le Prophète a ainsi employé les formules suivantes : "Bârakallâhu lak" ("Que Dieu t'accorde sa bénédiction") (rapporté par Al-Bukhârî), "Que Dieu t'accorde sa bénédiction, déverse sa bénédictions sur toi et vous unisse dans le bien" (rapporté par at-Tirmidhî). Des femmes dirent ceci à Aïcha lors de son mariage avec le Prophète : "Sur le bien et la bénédiction ! Sur la meilleure part pré-destinée" (rapporté par al-Bukhârî). Quelques années plus tard, Aïcha, elle, utilisa cette formule pour le Prophète lors du mariage de celui-ci avec Zaynab : "Que Dieu t'accorde sa bénédiction à propos de ta famille, ô Envoyé de Dieu" (rapporté par al-Bukhârî).

    Il est également normal qu'à cette occasion, ceux qui le veulent offrent, selon leurs moyens, des cadeaux à l'un, à l'autre, ou aux deux nouveaux mariés. Umm Sulaym offrit ainsi au Prophète quelque chose lors de son mariage avec Zaynab (rapporté par al-Bukhârî).


    7) Le repas nuptial (walîma) :

    Le nouveau marié offre un repas appelé en arabe "walîma" (également appelé "ta'âm al-'urs"). Le Prophète l'a recommandé (rapporté par al-Bukhârî). Le Prophète a offert ce genre de repas après les noces (après son mariage avec Safiyya, ou avec Zaynab, par exemple). Certains savants (dont Shâh Waliyyullâh) sont toutefois d'avis que ce repas peut avoir lieu aussi bien après les noces qu'après la cérémonie du mariage elle-même (Hujjatullâh il-bâligha, tome 2 – Fat'h ul-bârî, tome 9 p. 287 – Fiqh us-sunna, tome 2 p. 495).
    Si le repas est fait après les noces, doit-il se produire un nombre fixe de jours après ces noces ? Et doit-il ne pas dépasser dans la durée un nombre fixe de jours ? Les avis sont partagés ; al-Bukhârî est pour sa part d'avis qu'il n'y a pas de limite fixée en terme de jours concernant ce repas (Al-Jâmi' us-sahîh). Le tout, cependant, est que cela soit fait sans ostentation et sans désir de paraître dans la société (Fat'h ul-bârî, tome 9 p. 301).
    En ce qui concerne la grandeur du repas également, le savant 'Iyâdh souligne qu'il n'y a ni minimum requis ni maximum fixé, le tout étant que ce repas soit fait dans le cadre des possibilités financières du nouveau marié (Fat'h ul-bârî, tome 9 p. 293). Il est en effet incompréhensible que, comme cela se fait dans certaines sociétés, on s'endette pour faire un repas grandiose et au-dessus de ses capacités financières, ceci juste pour paraître dans la société et /ou pour respecter la tradition ancestrale. Il est tout aussi incompréhensible que les proches et/ou les amis du marié exercent une sorte de pression pour qu'il fasse un repas grandiose, en exigeant d'être invité ou en critiquant à tour de bras la simplicité du repas nuptial. Tout ceci est contraire à l'enseignement (Sunna) du Prophète. Le Prophète lui-même n'a offert comme repas nuptiaux que ce qu'il pouvait (par exemple lorsqu'il s'est marié avec Safiyya, ou avec Zaynab). Le nouveau marié doit donc tenir compte de ses propres capacités, et les gens de son entourage et de la société devraient savoir rester neutres. Rien n'empêche cependant des gens d'offrir de leur plein gré de participer aux frais du repas. C'est ce qu'ont fait des Ansarites lors du mariage de 'Alî et de Fâtima (Adâb uz-zafâf, p. 101).
    Il n'y a aucun mal à ce que des femmes soient invitées à ce genre de repas : cela s'est fait à l'époque du Prophète (rapporté par al-Bukhârî), le tout étant qu'ici aussi on respecte les principes de l'islam en la matière. Le Prophète a par contre critiqué le fait de n'inviter que des gens aisés et de délaisser les gens pauvres (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).


    Le mariage religieux doit-il être fait par un imam et / ou dans une mosquée ?

    La phrase "Waj'alûhu fil-massâjid" est faible d'après des spécialistes du Hadîth. Et aucun Hadîth ne montre que le Prophète a célébré un mariage dans la mosquée. S'il n'est bien sûr pas interdit de faire un "nikâh" – ou "fâtiha" – dans la mosquée, cela ne fait donc pas non plus l'objet d'une obligation.

    A la mosquée, à la maison, ou dans une mairie d'un pays musulman, il n'est pas obligatoire que ce soit un imam qui fasse le "nikâh" / "fâtiha". Il est vrai qu'il est arrivé que ce soit le Prophète qui a marié des personnes, comme dans le récit de la femme venue se proposer en mariage (rapporté par al-Bukhârî), comme dans un autre récit (rapporté par Abû Dâoûd, n° 1857, 1858). Cependant, les Compagnons n'ont pas systématiquement eu recours au Prophète pour célébrer leur mariage, comme le montre le mariage de 'Abd ur-Rahmân ibn 'Awf (rapporté par al-Bukhârî). De plus, le Prophète n'a pas célébré des mariages en tant que imam de la mosquée mais en tant que dirigeant sur le plan administratif ("as-sultân walî"). Mais il n'est pas non plus interdit de faire faire son "nikâh" / "fâtiha" par l'imam de la mosquée. Au contraire, parfois on y aura recours parce qu'on vit dans une région où, à part les imams des mosquées, les musulmans ont très peu de connaissances à propos de l'islam. Cependant, il est faux de croire que le "nikâh" / "fâtiha" n'est pas valable ou est de moindre valeur s'il n'a pas été fait par un imam. Il ne faudrait pas oublier qu'il n'y a pas de clergé en islam, et que n'importe quel musulman peut faire un "nikâh" / "fâtiha" (avec l'accord du responsable (walî) de la femme bien entendu).


    Enregistrement du mariage auprès de l'Etat civil :

    Le mariage sera enregistré auprès des registres d'Etat civil dans le pays où l'on vit. Dans certains pays musulmans, par exemple, les autorités ont fait savoir que pour tout "nikâh" / "fâtiha" remplissant les conditions voulues mais n'ayant pas été enregistré auprès de l'Etat civil, certes les relations intimes seront halal, de même que ceux qui se seront mariés ainsi seront mari et femme aux yeux de la loi (pourvu qu'il y ait au moins deux témoins), mais aucune plainte ne pourra être reçue et traitée (à propos du non respect des devoirs matrimoniaux ou des conditions énoncées dans le contrat de mariage, etc.) (Fatâwâ mu'âssira, tome 3 p. 294, voir aussi tome 3 p. 604, voir également Markaz ul-mar'a, p. 101).

    Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

    source: http://www.maison-islam.com

    Publié le 3 Février 2007

    Au Nom de Dieu Le Tout Miséricordieux Le très Miséricordieux : Rapport Interdit Hors Mariage


    Rapport Interdit Hors Mariage



    Le regard avec désir

    Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Il a été écrit pour le fils d'Adam sa part d'adultère qu'il doit commettre sans aucun doute :
    - Les deux yeux, leur adultère est le regard [...] Le cœur penche et souhaite et c'est le sexe qui obéit à ces penchants ou qui les fait mentir". (Al-Boukhâri)

    Jarir (رضي الله عنه) a dit : "J'ai interrogé le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) sur le regard fortuit. Il me dit : "Détourne-le aussitôt après". (Mouslim)


    Le tête à tête


    Selon Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما), le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Que l'un de vous ne s'isole pas avec une femme sauf en présence de l'un de ses parents qui ne peuvent pas l'épouser". (Al-Boukhâri, Mouslim)

    An-Nawawi (رحمه الله) a dit : "Le fait qu'un homme reste seul avec une femme qui lui est étrangère est interdit selon l'avis unanime des savants. L'interdiction reste même si la femme était accompagnée d'un enfant dont on n'a pas honte". (9/109)



    Le toucher


    Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Certes je ne serre pas la main aux femmes". (Malik et Ahmad et jugé authentique)

    Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Il est préférable pour l'un de vous de recevoir une aiguille en fer en pleine tête que de toucher une femme qui ne lui appartient pas". (at-Tabarani et déclaré authentique)

    An-Nawawi (رحمه الله) a dit : "Là où le regard est interdit, le toucher l'est également, à plus forte raison parce qu'il est plus apte à procurer du plaisir".


    source: http://fashionislam.skyblog.com

    Publié le 3 Décembre 2006

    Le contrat de mariage

    Le principal pilier dans le mariage c’est le consentement des deux parties et l’accord de leur volonté dans cette union, et puisque le consentement et l’accord des volontés sont des affaires vitales qu’on ne peut pas savoir, il est donc nécessaire qu’il y ait une déclaration qui démontre la planification de la formation de la réunion. Et la production de la déclaration se représente selon les expressions utilisées par les deux parties.

    Ce que l’une des deux parties prononce premièrement pour déclarer sa volonté de former une liaison conjugale se considère comme un assentiment. Ce que l’autre partie prononce pour déclarer son acceptation se considère comme une approbation. Les Savants disent : Les deux piliers du mariage sont : l’assentiment et l’approbation.

    Les conditions de l'assentiment et de l'approbation

    Un contrat qui ne comprend pas les conditions suivantes ne se réalise pas et ne résulte pas les effets du mariage :

    1/ La raison des deux parties. Si l’un d’eux est fou ou n’a pas encore atteint l’age de raison alors le mariage ne s’en réalise pas.

    2/ L’union des séances de l’assentiment et de l’approbation, c’est-à-dire ne pas espacer entre l’assentiment et l’approbation par des conversations de genres différents ou ce qu’on appelle dans la formalité par détournement ou occupation par ailleurs. Si la séance se prolonge et l’approbation ralentit et ne suit pas immédiatement l’assentiment mais rien entre les deux ne vient signifier un détournement, le conseil se considère uni.

    Les doctrines Hanafite et Hanbalite en disent de même.

    Dans le livre « Al-Mughni » : si l’approbation se ralentit, le contrat est juste puisqu’ils sont dans une même séance et les parties ne s’occupent pas par un autre sujet, parce que le jugement de la séance c’est le jugement de l’état du contrat puisqu’on peut faire encaissement s’il y a condition d’encaisser et approbation de choix dans les contrats d’échange.

    Si les deux parties se séparent avant l’approbation, l’assentiment est annulé parce qu’il n’a plus de sens puisque le détournement a impliqué la séparation. L’assentiment n’est plus alors acceptable. De même s’ils s’occupent par d’autres choses, parce que c’est un détournement du contrat par une préoccupation qui signifie le refus. Ahmad a rapporté qu’une fois des gens sont venus chez untel et lui ont dit : « Est-ce que tu acceptes untel comme demandeur en mariage ? ». Il leur répondit : « Je l’accepte par une dot de mille dinars ». Les gens revinrent chez l’épouseur et lui racontèrent ce qui s’est passé. L’homme dit : « J’accepte ». On a demandé alors à Ahmad : « Est-ce un vrai mariage ? ». Il a répondu : « Bien sûr ! ».

    La doctrine Chafi’ite met comme condition l’immédiat de la réponse.

    Elle dit : S’il y a séparation entre l’assentiment et l’approbation par une demande de fiançailles comme si le tuteur dit : « J’accepte de te marier » alors l’épouseur répond : « Au nom de Dieu, louange à Dieu, et paix et grâce de Dieu soient sur Son Messager, j’accepte de me marier avec elle ». Il y a alors deux possibilités :

    La première : c’est le dire du cheikh Abu Hamed Al-Isfarâyiny – que c’est acceptable – car les fiançailles impliquent le contrat et n’annulent pas sa vérité comme on fait les ablutions sèches (Tayamum) entre deux prière assemblées.

    La deuxème : N’est pas acceptable – parce qu’il y a une séparation entre l’assentiment et l’approbation, comme s’ils sont séparés par une chose autre que la demande des fiançailles. Et c’est contraire aux ablutions sèches (Tayamum) qui sont obligatoires entre les deux prières tandis que les fiançailles viennent avant le contrat.

    Quant à Mâlik, il a autorisé une petite durée entre l’assentiment et l’approbation.

    La cause du désaccord c’est : le contrat de mariage exige-t-il l’acceptation des deux parties en même temps ou non ?

    3/ L’approbation ne doit pas contrarier l’assentiment que si cette contradiction améliore le cas et le pousse à un plus haut point. Comme par exemple si la partie de l’assentiment dit : « Je te marie ma fille par une dot de cent dirhams » et l’approbation dit : « J’accepte par deux cents ! » Le contrat s’exécute parce que l’approbation le pousse à un point plus haut.

    4/ Chacun des deux doit entendre de l’autre ce qui signifie l’établissement d’un contrat de mariage même s’ils ne le prononcent par l’expression mot à mot parce que l’important ce sont les intentions et la volonté.

    Les expressions du contrat :

    Le contrat s’exécute par les expressions qui en aboutissent dans une langue que chacun des deux comprend si les deux prononcent des expressions qui impliquent la volonté pour le mariage sans ambiguïté ni confusion. Ibn Taymiya a dit : "Le contrat de mariage s’exécute par ce que les gens considèrent comme contrat dans n’importe quelle langue, expression ou acte pareillement à chaque contrat".

    Les savants se sont mis d’accord sur cet avis en ce qui concerne l’approbation, ils n’ont pas mis des conditions d’expressions précises mais plutôt n’importe quelle expression qui signifie l’acceptation comme : J’accepte, je suis d’accord ou cela me convient, etc.

    Or pour l’assentiment, les savants se sont mis d’accord sur ce qu’on doit prononcer pour expressions de mariage comme : Je te marie ou je t’accepte comme mari … parce que ces deux expressions signifient franchement ce qui est voulu comme intentions. Ils se sont mis en désaccord sur le fait qu’il peut être exécuté par des expressions autres que ces deux comme les expressions de donation, de vente, de possession ou d’aumône.

    Mais les Hanafites, Thawry, Abu Thawr, Abu ‘Ubayd et Abu Dawud l’ont permis, parce que c’est un contrat qui s’exécute par l’exécution des intentions et il n’est pas condition pour sa vérité de considérer des expressions précises, l’important c’est d’avoir une expression comportant le sens légal, c’est-à-dire ayant une contribution avec le sens légal. Le Prophète a marié un homme et une femme en leur disant : « Tu l’auras par ce que tu connais du Coran ». [ Rapporté par Al-Boukhari ]. Et puisque l’expression du don a exécuté les contrats du Prophète tout autre contrat de sa communauté s’exécute ainsi.

    Dieu le Très Haut a dit : « Ô Prophète ! Oui Nous t’avions rendu licite tes épouses à qui tu avais apporté leur salaire d’honneur » jusqu’à « ainsi que femme croyante qui avait fait don de sa personne au Prophète. » [ Sourate 33 : verset 50 ]

    Chafi’i, Ahmad, Sa’id Ibn Musayyib et ‘Ata ont dit que le contrat ne s’exécute pas sans les expressions de mariage parce que les autres expressions comme celles du don ou de la possession ne signifient pas le mariage et parce qu’ils ont une condition, celle du témoignage, qui doit être exécutée dans le contrat, si ce témoignage se fait sur l’expression du don alors le mariage n’est pas accompli.

    Le contrat fait dans une autre langue que l'arabe

    Les savants se sont mis d'accord sur la permission du contrat fait dans une langue autre que l'arabe si l'une ou les deux parties ne connaissent pas l'arabe. Mais ils se sont mis en désaccord sur la permission si les deux comprennent l'arabe.

    Ibn Qudâma a dit dans son livre "Al-Moughni" : "Celui qui connaît l'arabe ne peut exécuter un contrat de mariage dans une autre langue". C'est un des deux dires de Châfi'y . Abu Hanifa le permet : "Parce qu'il a utilisé une expression qui le signifie comme en arabe, alors il sera exécuté". Nous voyons que : Il avait la possibilité de parler l'arabe mais il ne l'a pas fait, ce qui n'est pas bon.

    Quant à celui qui ne connait pas l'arabe, il peut prononcer des expressions dans sa langue puisqu'il ne connaît pas l'autre, exactement comme le fait le muet. Mais il est nécessaire de prononcer des expressions qui ont la même signification que celles de l'arabe. Celui qui ne connaît pas l'arabe ne doit pas apprendre à prononcer ces expressions en arabe.

    Abu Khattâb a dit : Il doit le faire parce que dans tout contrat qui a pour condition de savoir l'arabe l'homme doit l'apprendre et pouvoir bien le prononcer comme les formules de la prière "Takbir" : "Dieu est le plus Grand". L'avis du premier groupe s'appuie sur le fait que le mariage n'est pas un devoir alors il n'est pas obligatoire d'apprendre ses piliers en arabe (comme la vente) et il diffère des formules de la prière qui est obligatoire. Si l'une des deux parties connaît l'arabe, il prononce en arabe, l'autre prononce suivant sa langue. Si l'une d'elles ne connaît pas la langue de l'autre ils ont alors besoin d'un traducteur - qui soit digne de confiance - pour leur affirmer que cette expression signifie le mariage et pour dire la vérité.

    Je considère cela de l'endurcissement car la religion de Dieu a de l'aisance et comme je l'ai déjà dit, le principal pilier c'est l'acceptation, l'assentiment et l'approbation n'étant que deux preuves de cette acceptation. Alors s'il y a assentiment et approbation cela suffit quelque soit la langue prononcée. Ibn Taymiya a dit : Le mariage même qu'il est un lien de parenté mais il est semblable à l'affranchissement et à l'aumône et ne conditionne pas des expressions arabes, ni étrangères. Aussi l'étranger qui apprend une langue étrangère ne l'acquiert pas facilement et ne la comprend pas comme sa langue maternelle. Si l'on avait dit qu'il est abhorré de faire des contrats dans une langue autre que l'arabe, comme il est désagréable de parler une langue autre que l'arabe sans besoin, on aurait dit autrement. Comme on avait rapporté d'après Mâlik, Ahmad et Châfi'y ce qui signifie qu'il est désagréable de parler une autre langue que l'arabe sans besoin.

    Le mariage du muet

    Le contrat du muet s'exécute par un geste s'il est compréhensible comme sa vente, s'exécute par le geste. Parce que le geste est une signification qu'on peut comprendre. Si son geste est insignifiant le contrat ne s'exécute pas, car ce contrat doit se faire entre deux personnes, et il est nécessaire que chacun d'eux comprenne ce que l'autre signifie.

    Le contrat d'un absent

    Si l'une des deux parties est absente et désire se marier avec l'autre, elle doit envoyer un messager ou une lettre de sa part pour le demander. L'autre partie - si elle a une approbation - doit chercher deux témoins, leur fait entendre l'expression de la lettre ou le message du messager et leur témoigne sur son approbation. Ainsi l'approbation se considère et s'inscrit dans le contrat.

    Conditions insérées dans le contrat

    Les savants ont conditionné pour les expressions de l'assentiment et de l'approbation la forme du passé, les deux expressions se prononcent au passé ou l'un au passé et l'autre au futur.

    Le premier exemple : le premier contractant dit : Je t'ai marié ma fille, l'autre répond : J'ai accepté.

    Le deuxième exemple : le premier contractant dit : Je te marie ma fille, l'autre répond : J'ai accepté.

    Ils ont mis ces conditions parce que la réalisation de l'acceptation et l'accord de leur volonté est le véritable pilier dans le contrat de mariage. Et l'assentiment et l'approbation sont deux aspects de cette acceptation. Tous les deux doivent montrer qu'il y a absolument une acceptation et que cette acceptation se réalise au moment même du contrat. Le temps que le Législateur a utilisé dans la formation des contrats c'est le passé car il définit l'obtention de l'acceptation et ne prend pas un autre sens. Quant aux temps présent et futur, ils ne définissent pas l'obtention de l'acceptation au moment même du contrat. Si l'un d'eux dit : "Je te marie ma fille" et l'autre répond : "J'accepte", dans cette forme le contrat ne s'exécute pas pour la probabilité que cette forme porte le sens d'une simple promesse. Et puis la promesse d'un mariage au futur n'est pas un contrat actuel.

    Mais si l'un dit : "Marie moi ta fille", le contrat s'exécute, parce que la formule "marie moi ta fille" comporte le sens de délégation et le contrat s'exécute si l'un des deux co-contractants s'en charge. Si l'épouseur dit : "Marie moi" et l'autre répond : "J'accepte", ceci veut dire que le premier a délégué le second, ce dernier exécute le contrat par ses expressions à la place des deux.

    Conditions de l'accomplissement du contrat

    Ils ont également conditionné qu'il soit accompli c'est à dire la formule sur laquelle s'exécute le mariage doit être absolue sans contraintes comme si l'homme dit à l'épouseur: "Je t'ai marié ma fille", alors l'épouseur répondit : "J'ai accepté". Ce contrat est accompli. Lorsque le contrat remplit toutes les conditions il s'exécute et ses conséquences s'ensuivent. Or le contrat peut être conditionné ou rajouté au futur ou combiné à un temps déterminé ou conjoint à une condition. Dans ce cas le contrat ne s'exécute pas, en voici les détails.

    1/ Le contrat conditionné:

    C'est lorsque la réalisation de son contenu est conditionnée par la réalisation d'une autre chose précisée par une condition. Comme par exemple lorsque l'épouseur dit: "Si je m'engage dans un travail, je me marie avec ta fille". Le père répond alors: "J'ai accepté". Le contrat dans ce cas ne s'exécute pas parce qu'il est conditionné et attaché à une chose qui ne peut être au futur. Le contrat de mariage résulte l'immédiat de la jouissance, son statut ne se relâche pas après lui, or la condition -l'engagement au travail- ­est absente au moment même du contrat et tout ce qui est attaché à une chose absente doit être suspendu, alors le mariage ne peut s'exécuter. Tandis que si le contrat est attaché à une chose qui se résulte immédiatement, le mariage s'exécute. Comme par exemple: "Si ta fille a vingt ans, je me marie avec elle", le père répond: "J'ai accepté, elle a vraiment vingt ans". Ou si la femme dit: Si mon père accepte, je me marie avec toi". L'épouseur répond: "J'ai accepté" et le père dit: "Moi aussi j'ai accepté". La condition dans ce cas est apparente et la formule est accomplie.

    2/ Le contrat rajouté à un futur:

    Comme si l'épouseur dit: "Je me marie avec ta fille demain ou après un mois" et le père répond: "J'ai accepté". Cette formule ne peut exécuter un mariage ni immédiatement ni au moment indiqué, parce que l'ajout au futur contredit le contrat de mariage qui exige la possession immédiate de la jouissance.

    3/ Le contrat qui délimite préalablement le mariage:

    Comme si un individu se marie pour un mois, ou plus, ou moins, ce mariage n'est pas licite parce que le mariage vise la continuité des fréquentations pour enfanter, pour garder la descendance et pour bien élever les enfants.

    Pour cela les ulémas ont annulé le mariage de jouissance et le mariage qui vise à rendre un autre licite, parce que le premier vise la jouissance momentanée et le second vise à rendre la femme licite pour son premier époux.

    source : http://www.sajidine.com

    Publié le 3 Décembre 2006

    Les fiançailles en Islam

    Allah a légiféré les fiançailles afin que les deux époux puissent bien se connaître avant qu’ils se lient par le contrat de mariage. Ils avancent ainsi sur la bonne voix avec clairvoyance.

    Qui peut-on demander en mariage ?

    On ne peut demander une femme en mariage que dans les 2 conditions suivantes :

    Qu’elle soit exempte de prohibitions légales qui empêchent son mariage

    Que la demande ne soit pas précédée par une autre demande légitime.

    S’il y a quelques prohibitions légales comme par exemple le fait que la femme soit interdite à l’homme à jamais ou pour un temps provisoire ou encore qu’un autre homme l’ait demandé avant lui, alors dans ce cas, on ne peut pas la demander en mariage.

    La demande d’une femme en délai de viduité

    La demande d’une femme en délai de viduité est interdite. Que ce délai soit à cause de la mort de l’époux ou d’un divorce. Que ce divorce soit définitif ou avec possibilité de retour. Si la femme est en délai de viduité à cause d’un divorce avec possibilité de retour, on ne peut la demander en mariage parce qu’elle est toujours sous la tutelle de son mari qui peut la reprendre s’il le désir.
    Cependant, si la femme est en délai de viduité à cause d’un divorce définitif, on ne peut pas la demander franchement en mariage car le mari à le plus le droit de la reprendre par un nouveau contrat ; la demande d’un autre homme serait alors considérée comme une agression.
    Les savants ne se sont pas mis d’accord à propos d’une demande qui serait faite de façon implicite mais ce qui est vrai c’est que cette dernière est permise.

    Si la femme est en délai de viduité après la mort de son mari, il est permis de la demander en mariage de façon implicite durant le délai mais la demande franche n’est pas permise : le lien de mariage s’étant rompu lors de la mort du mari, ce dernier n’a plus droit sur elle mais la demande franche n’est pas permise en considération de son deuil d'une part et des sentiments des parents et des héritiers du défunt d’autre part.

    Allah Le très Haut dit :

    { Et on ne vous reprochera pas de faire, aux femmes, allusion à une proposition de mariage, ou d'en garder secrète l'intention. Allah sait que vous allez songer à ces femmes. Mais ne leur promettez rien secrètement sauf à leur dire des paroles convenables. Et ne vous décidez au contrat de mariage qu'à l'expiration du délai prescrit. Et sachez qu'Allah sait ce qu'il y a dans vos âmes. Prenez donc garde à Lui et sachez aussi qu'Allah est Pardonneur et plein de mansuétude. }
    [Sourate 2 - Verset 235 ]

    La demande implicite signifie qu’un homme vienne demander la main d’une femme sans que cela soit fait de façon franche. Il peut dire par exemple : « Je désire me marier », « J’aimerai qu'Allah me facilite le fait de trouver une épouse »… Il est aussi permis d’offrir un cadeau à une femme en délai de viduité et ceci est un genre de demande implicite tout comme le fait de se vanter devant cette femme. Abou Ja’far Mouhammad Ibn ‘Ali Ibn Houssayn s’est vanté devant Sukayna Bint Hamdhala qui nous raconte :

    « Ibn Mouhammad Ibn ‘Ali m’a rendu visite alors que mon délai de viduité dû à la mort de mon mari n’était pas encore terminé. Il m’a dit : « Tu connais bien mes liens de sang avec le Prophèteet ‘Ali ainsi que ma position à l’égard des arabes » - « Qu'Allah te pardonne, lui répondis-je alors, ô Abou Ja’far, tu es un homme sans reproche, est-ce que tu me demande en mariage alors que suis encore en délai de viduité ? » - « Je t’ai simplement notifié, me répondit-il, mes liens de parentés avec le Prophèteet ‘Ali »

    Aussi, le Messager d'Allah avait rendu visite à Oum Salama après la mort de Abou Salama et lui a dit : « Tu sais bien que je suis le Messager d'Allah et Son meilleur homme, tu connais également ma position chez les arabes ». Ces paroles étaient une demande en mariage [Rapporté par Darqutny ]

    Comme conclusion des jugements, il n’est pas permis de demander de façon franche la main d’une femme en délai de viduité. Néanmoins, la demande est permise de façon implicite s’il s’agit d’une femme veuve en délai de viduité ou d'une femme divorcée définitivement. Enfin la demande n’est pas possible s’il s’agit d’une femme divorcée avec possibilité de retour.

    Les savants ne se sont pas mis d’accord en ce qui concerne la demande franche d’une femme en délai de viduité, même si le contrat ne s’est fait qu’après l’expiration du délai.

    L'Imam Malik a dit : « Ils doivent se quitter, qu’ils aient consommé le mariage ou pas » L'Imam Chafi’y a dit : « Le contrat est licite même si l’interdiction citée auparavant n’a pas été prise en considération » Mais tout le monde est d’accord que le fait qu’il faut les séparer si le contrat et le mariage sont conclus durant le délai de viduité. Peuvent-ils se remarier par la suite ? L'Imam Malik, Al Laythy et Ouza’y ont considéré ce remariage illicite. La plupart des savants considèrent néanmoins le remariage comme licite à condition qu’il soit effectué après l'expiation du délai de leur divorce.

    La demande sur une demande :

    Il est illicite de demander la main d’une femme déjà demandée par un autre musulman car cela nuit au premier demandeur et se considère comme une agression de ce dernier.

    Aussi, ce comportement peut aboutir à une zizanie entre les deux demandeurs. ‘Ouqba Ibn ‘Amir a rapporté que le Messager d'Allah a dit :

    « Les musulmans sont des frères coreligionnaires, il est interdit d’acheter une chose déjà achetée par un autre coreligionnaire ainsi que de demander une femme en mariage déjà demandée par un autre frère coreligionnaire à moins que ce dernier ne veuille la quitter » [ Ahmad et Mouslim ont rapporté ce hadith.]

    L’interdiction vient lors de la réponse franche de la femme demandée ou lors de la réponse franche de son tuteur qu'elle a elle-même autorisé de manière à ce que son autorisation ait une considération. La demande sera licite s’il y a une réponse franche ou implicite de la part de la femme ou si le second demandeur n’a aucune idée de la première demande ou que le premier demandeur lui a donné la permission.

    Tirmidhy a rapporté d’après Chafi’y :

    « Si quelqu’un demande une femme en mariage et que cette dernière accepte la demande et se fie à l’homme, nul n’a le droit de faire une autre demande. S’il n’a aucune idée de la première demande ou du consentement de la femme, il peut la demander ».

    Si le second demande la femme et accomplit le contrat de mariage après la réponse de la femme au premier, il a commis un péché mais le contrat reste valable car l’interdiction concerne la demande et n’est pas une condition dans la véracité du mariage » Abou Daoud dit : « Si le second demandeur se marie avec elle, son contrat sera annulé avant la consommation du mariage ou après ».

    La contemplation de la fiancée :

    Parmi ce qui rafraîchit la vie conjugale et la rend plaine de bonheur et de paix, il y a le fait de contempler la femme avant la demande pour connaître sa beauté qui l’invite à se marier avec elle ou sa laideur qui le repousse.

    Et la femme sérieuse ne s’engage pas dans une affaire avant de savoir ses inconvénients. A’mach a dit : « Chaque mariage qui s’accomplit sans contemplation de la fiancée avant la demande se termine par des ennuis ». La légitimité islamique a permis cette contemplation, elle a même incité à le faire.

    D’après Jabir Ibn ‘Abdoullah , le Prophète a dit :

    « Celui parmi vous qui demande une femme en mariage et qui peut regarder en elle ce qui l’invite au mariage, qu’il le fasse ».

    Jabir a dit : « Alors lorsque j’ai épousé une femme de la tribu de Salama, je me cachais et la contemplais jusqu’à voir en elle ce qui m’a invité au mariage ».

    Abou Daoud a rapporté d’après Moughira Ibn Chou’ba qu’il avait demandé une femme en mariage, alors le Prophètelui a demandé : « Est-ce que tu l’a contemplé ? ». Moughira lui a répondu que non. Le Prophètelui dit alors : « Va la contempler, votre mariage sera heureux ». Ce qui veut dire que la bonne entente durera. [ Nasa’y, Ibn Maja et Tirmidhy ont rapporté ce hadith. Tirmidhy le considère comme bon. ]

    D’après Abou Hourayra , un homme a demandé en mariage une femme des Ansars, le Messager d'Allah lui a demandé : « Est-ce que tu l’a regardée ? ». L’homme a répondu que non, alors le Messager d'Allah lui a dit : « Vas et contemple-la, les yeux des Ansars sont différents ».

    Ce que l’on peut contempler :

    La plupart des savants se sont mis d’accord sur le fait que l’homme puisse regarder le visage et les deux mains seulement. Parce que le visage indique la beauté ou la laideur [...]

    Les hadith prophétiques n’ont pas désignés les endroits qu’il faut regarder, ils étaient inconditionnels pour que l'homme qui regarde arrive à son objectif avec cette contemplation.

    ‘Abdoul Razik et Saïd Ibn Mansour en donnent la preuve en rapportant : « Omar avait demandé en mariage Oum Koulthoum la fille de ‘Ali et lui a reproché son jeune âge. ‘Ali lui dit alors : « Je vais te l’envoyer, si elle te plait, elle sera ta femme » - [...] Si l’homme contemple une femme qui ne lui plait pas, il ne doit pas la désapprouver pour ne pas la nuire, peut-être plaira-t-elle à un autre.

    La contemplation des femmes :

    Ce jugement est permis à la femme de même qu’à l’homme. Il est permis à la femme aussi de contempler son épouseur pour qu’elle trouve en lui ce qu’il cherche en elle. Omar ibn el Khatab a dit : « Ne donnez pas vos filles en mariage à des hommes laids, elles doivent trouver en eux ce qu’ils recherchent en elles ».

    Comment connaître les caractères ?

    Le regard peut distinguer entre la beauté et la laideur tandis que pour les caractères moraux, on ne peut les connaître que par la description. Alors on peut demander à ceux qui la fréquentent, à ses voisins ou a des personnes en qui l’on a confiance telles que sa mère et sa soeur de la décrire.

    Le Prophèteavait envoyé Oum Soulaym une fois chez une femme pour la lui décrire et lui dit : « Regardes bien ses jarrets et flaire l’odeur de son cou ; dans une autre version, l’odeur de sa bouche » [Hadith rapporté par Ahmad, Hakim, Tabarany et Bayhaqy.]

    Al Ghazali a dit dans son livre « Al Ihya » :

    « On ne demande de décrire ses caractères moraux et sa beauté qu’à une personne clairvoyante, honnête, savante en ce qui est visible et invisible, qui n’a pas un penchant vers elle pour ne pas exagérer dans les compliments, qui ne soit pas jalouse d’elle non plus pour ne pas en faire défaut, car la nature humaine penche vers l’exagération en ce qui concerne les principes du mariage et la description des femmes - rares sont celles qui disent la vérité et qui sont honnêtes, la tricherie et la séduction gagnent la plupart du temps – la précaution est alors très importante pour celui qui craint regarder une femme autre que la sienne ».

    L’interdiction de s’isoler avec sa fiancée :

    Il est interdit de s’isoler avec sa fiancée car elle prohibée au demandeur jusqu’à ce que le contrat de mariage soit accompli. La légitimité divine n’a rien indiqué d'autre que le regard. Par conséquent, l’isolement reste prohibé car on ne peut pas s’assurer dans l’isolement de ne pas commettre ce qu'Allah a interdit. Si la femme est accompagnée d’un homme avec qui son mariage est illicite (mahram) alors l’isolement est permis parce que la présence de ce dernier interdit de commettre l’adultère.

    D’après Jabir le Prophètea dit : «Que celui qui croit en Allah et au jour dernier ne s’isole pas avec une femme sans qu’elle est avec elle un homme qui lui est illicite en tant que mari (mahram) car le démon les accompagne»

    D’après ‘Amir Ibn Abi Rabi’a le Messager d'Allah a dit : « Que l’homme ne s’isole pas avec une femme qui lui est illicite sans un homme (mahram) car le démon sera leur troisième » [ Hadith rapporté par Ahmad ]

    Le danger de la négligence de l’isolement et ses inconvénients :

    Beaucoup de gens négligent cette affaire et permettent à leur fille ou à leur proche de fréquenter leur fiancé, de s'isoler avec lui sans contrôle et de sortir avec lui sans surveillance ce qui aboutit à la perte de la dignité des femmes, à la corruption de leurs vertus et au mépris de leur respect. De même, il est possible que le mariage ne s’accomplisse pas ce qui ajoute à cette perte l’occasion de se marier.

    A l’opposé se trouvent les communautés très sévères qui ne permettent pas aux demandeurs de voir leurs filles lors des fiançailles et exigent qu’ils acceptent et accomplissent le contrat de mariage sans voir la fiancée jusqu’à la nuit de noce. A la suite, leurs rencontres peuvent les mener à des surprises inattendues, des problèmes qui n’étaient pas pris en considération ce qui aboutit alors à des séparations.

    D’autres se contentent de présenter la photo de leurs filles. Cette photo ne signifie rien en réalité et ne suffit pas à rassurer le demandeur car elle n’expose pas la réalité de façon précise. La meilleure façon est donc celle que l’Islam a rapportée, elle donne le droit à chacun des deux époux de se voir tout en évitant l’isolement comme protection pour la dignité et la vertu.

    L’abandon des fiançailles et ses conséquences :

    Les fiançailles précèdent le contrat de mariage et sont dans de nombreux cas suivis par la présentation de la dot ou d’une partie de la dot, par des cadeaux et des don de manière à affermir les relations. Puis il est possible que le demandeur, la femme ou même les deux changent d’avis. Est-ce permis ? La femme doit-elle rendre tout ce qu’elle a reçu durant les fiançailles ? Car en effet, il s’agit d’une promesse donnée pour un mariage et non un contrat obligatoire et il est donc tout à fait possible de changer d’avis.

    Allah n’a pas précisé de punition pour celui qui change d’avis. Néanmoins, cela est considéré comme étant du mauvais caractère. Il l’a d’ailleurs décrit comme étant un caractère des menteurs à l’exception d’une obligeance qui nécessite une malhonnêteté.

    Dans le Sahih, le Messager d'Allah a dit : « Trois qualités caractérise l’hypocrite : il ment quand il parle, il n'observe pas sa promesse et il trompe la confiance mise en lui »

    ‘Abdoullah Ibn ‘Omar a dit : « Regardez cet homme – désignant un homme de Qouraych – Je lui ai fait une quasi promesse de lui donner ma fille. Je ne veux pas retrouver Allah avec le tiers de l’hypocrisie, je témoigne devant vous que j’ai marié ma fille à cet homme ». Le demandeur à le droit de reprendre la dot qu’il a offert car elle a été payée en contre partie du mariage. Puisque le mariage ne s’est pas accompli, alors la dot n’est plus due : on doit la rendre à son propriétaire et c’est son droit.

    Quant aux cadeaux, ils sont considérés comme un don. Or, il est indigne de reprendre un don s'il est offert comme cadeau et non en contrepartie. Lorsque l’homme reçoit une chose en cadeau, elle devient à lui et il peut en faire ce qui lui plait. Donc si le demandeur la reprend, il l’enlève à son propriétaire malgré lui et ceci n’est pas correct légalement et moralement. En revanche, s’il offre son cadeau en contrepartie, il peut le reprendre. Il peut le reprendre parce que son don est fait en contrepartie de l’accomplissement d’un mariage qui n’a pas eut lieu.

    L’origine de ce qui vient d’être dit se trouve dans les points suivant :

    - Selon les auteurs des « Sounan » : d’après Ibn ‘Abbas , le Messager d'Allah a dit : « Il n’est pas licite pour un musulman de revenir sur un don qu’il a fait sauf s’il est un père et que le don ait été fait pour son fils ».

    - Ils ont également rapporté que le Messager d'Allaha dit : « Celui qui revient sur son don est comme celui qui revient sur son vomissement ».

    - D’après Salem, d’après son père , le Messager d'Allaha dit : « Celui qui fait un don à le droit d’y revenir tant qu’il n’en n’a pas reçu un autre en échange ».

    En regroupant les hadith ci-dessus, l’auteur du livre « I’lam al Mouqi’ine » dit : « Le donateur n’a pas le droit de revenir sur ce qu’il a offert s’il n’y avait pas de contrepartie. Mais le donneur qui à donné en désirant une contrepartie peut revenir sur ce qu'il a donné ».

    Les traditions prophétiques sont toutes prises en considération et ne se contredisent pas. Les décisions prises dans les tribunaux sont les suivantes :

    - Selon la doctrine hanafite, le fiancé a le droit de reprendre ce qu’il a offert si son état n’a pas subit de changement. Par exemple, bracelets, bagues, colliers, montres et autres peuvent être rendus s’ils ont encore disponibles. S’ils ont changés d’état c'est-à-dire s’ils ont été perdus ou vendus, s’ils ont changé par un ajout ou s’il s’agissait de quelque chose de consommable ou d’une étoffe qui a été cousue alors le fiancé n’a pas le droit de le reprendre, ni de reprendre quelque chose en échange. [...]

    - Selon la doctrine Malikite, si c’est l’homme qui revient sur sa demande, il n’a pas le droit de reprendre ses cadeaux. Mais s’il s’agit de la femme, alors l’homme a la possibilité de reprendre tout ce qu’il a offert, qu’il soit dans son état initial, qu’il ait changé ou été détruit. Dans ce cas, il peut reprendre autre chose en échange. A l’exception des pratiques légales et des contrats avec conditions, il faut alors les respecter.

    - Selon la doctrine Chafi’ite, l'on reprend le cadeau qu’il soit encore dans son état initial ou non : s’il est dans son état initial, l’homme le reprend, sinon il reprend autre chose en échange.

    source : http://www.sajidine.com