Compter sur soi-même et s'en remettre à Dieu

Publié le 26 Avril 2007

Compter sur soi-même et s’en remettre à Dieu


Le musulman se remet parce qu’il croit que c’est un devoir moral ; mais il doit également savoir que c’est en outre une obligation religieuse qui se trouve à la base même de sa foi. En fait, Dieu nous y incite en ces termes :

-Que votre espoir soit en Dieu, pour peu que vous croyez en Lui ! [5-La Table Servie.23]

-Que les croyants se confient en Dieu ! [64-La Duperie Mutuelle.13]

Donc, croire en Dieu englobe également une confiance absolue en Lui.
Mais l’idée que le musulman s’est formé de cette confiance qu’il a en Dieu ne ressemble en rien à celle que se forment ceux qui ignorent absolument tout de l’Islam et qui sont les ennemis de la foi.
S’en remettre à Dieu n’est pas uniquement un ensemble de mots prononcés par une personne qui n’en comprend pas la portée ni le sens. S’en remettre à Dieu ne signifie pas qu’il faut rester les bras croisés, laisser le destin prendre son cours, sans prendre des décisions et se contenter de ce qui est mesquin et vulgaire.
Considérant la confiance en Dieu comme faisant partie de sa croyance, le musulman doit se munir de tous les moyens nécessaires pour toute action qu’il compte entreprendre. Il n’espère jamais cueillir un fruit sans lui avoir avancé ce dont il a besoin, ni attendre un résultat sans lui avoir préparé ses prémisses. Quant aux résultats de ces moyens, le musulman les confie à Dieu qui est Le Seul capable de les réaliser.
S’en remettre à Dieu, est donc pour le musulman, agir et espérer avec confiance et sérénité tout en étant convaincu que seule la volonté de Dieu s’accomplit et que ceux qui auront fait du bien ne seront jamais frustrés.
Sachant que ce monde est régi par des lois divines immuables, le musulman procure à toute activité les moyens adéquats pour la réaliser.
Malgré ces précautions, il est conscient que ces moyens à eux seuls, ne peuvent mener aux résultats désirés ni à la réussite. Il les considère, tout au plus, comme une exécution de l’ordre de Dieu auquel il faut obéir, comme on obéit à toutes Ses prescriptions.
Quant à obtenir le résultat espéré, c’est entre les mains de Dieu qu’il faut se remettre. C’est Lui qui est capable de réaliser de tels succès. Ce que Dieu veut, se réalisera, et ce qu’Il ne désire pas n’aura jamais lieu.
Que de travailleurs laborieux n’ont pas récolté de fruits de leur labeur, et que de semeurs n’ont pas moissonné ce qu’ils ont semé.
C’est ainsi que le musulman juge les procédés mis en œuvre. Compter uniquement sur eux et leur faire confiance est une hérésie que le musulman rejette, mais y renoncer, alors qu’il est capable de s’en prémunir, est une impiété que Dieu interdit et pour laquelle il faut demander pardon si on la commet.
Le jugement des moyens utilisés découle de la philosophie de l’Islam et des prescriptions du Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam). Celui-ci avait soutenu de longues et nombreuses guerres. Avant de les engager, il s’y préparait sérieusement, choisissait même le champ de bataille et le moment opportun.
On rapporte qu’il ne déclanchait jamais d’attaque dans les moments chauds de la journée et attendait la fraîcheur du soir.
Avant le combat, il avait déjà établi ses plans et aligné ses hommes.
Après les préparatifs matériels susceptibles de le conduire à la victoire, il levait les mains au ciel implorant Le Tout-Puissant et disait :


-Dieu, Toi qui as révélé le livre, qui déplace les nuages, qui vainc les coalisés, mets-les en déroute et accorde-nous la victoire !

Ainsi, le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) réunissait les moyens matériels et spirituels, confiant toujours la victoire entre les mains de Dieu et à, Sa volonté.
Ce n’est qu’un exemple entre autres, en voici un autre inshAllah :
La plupart des compagnons du Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) avaient quitté la Mecque pour Médine. Le Prophète attendait patiemment la permission divine pour commencer à prendre les dispositions du départ. Il reçut enfin la permission de Dieu.

Mais quelles furent les dispositions ?

A- Son compagnon de voyage fut choisi. Ce n’était autre que son meilleur ami : Abou Bakr.
B- L’eau et les vivres nécessaires pour la durée du voyage furent approvisionnés. La fille d’Abou Bakr, Asma, coupa sa ceinture en deux (ce qui lui valut le surnom de « la femme aux deux ceintures ») en vue de les attacher à la monture.
C- Il choisit une monture remarquable pour ce long et pénible voyage.
D- Il fit son choix d’un guide chevronné connaissant la route dans les moindres recoins et difficultés pour le mener dans cette odyssée.
E- Pour que les ennemis ne remarquent pas son absence, il demanda à son cousin Ali de prendre sa place dans le lit.
F- Les païens le recherchèrent ensuite activement, lui et son compagnon. Pour échapper à leur regard, le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) se réfugia avec son ami dans la grotte de Thaour.
G- Là Abou Bakr lui dit :

Messager de Dieu ! Si l’un de nos ennemis se baissait, il nous verrait à ses pieds !
Et le Prophète de lui répondre :

- Abou Bakr, que penses-tu de deux ayant Dieu pour troisième ?

Cet épisode concrétise la foi inébranlable aussi bien que la confiance illimitée en Dieu.
Il montre également que le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) ne sous-estimait pas les mesures nécessaires à prendre, mais il ne faisait pas fond sur elles. L’ultime précaution du musulman c’est de s’abandonner à Dieu en toute confiance et quiétude d’âme.
Après avoir pris les dispositions que dictait la sauvegarde de sa personne, jusqu’à se tapir au fond d’une grotte sombre, asile des vipères et des scorpions, le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam), avec l’assurance du croyant et la certitude de l’homme confiant, dit à son compagnon peu rassuré :

-
Ne t’afflige pas, Dieu est avec nous !
- Que penses-tu de deux ayant Dieu pour troisième ? (Boukhari)

Cette conduite est un exemple pour le musulman. Elle lui montre la valeur qu’il doit accorder aux procédés employés. En modelant sa conduite sur celle du Prophète, il ne paraît ni innovateur, ni prétentieux, mais un pur conformiste.
Quant à la confiance en soi-même, le musulman n’en tire pas la même signification que ceux qui ont l’âme masquée par les péchés.
Ceux-là y voient une rupture avec Le Créateur et jugent que l’homme est capable, à lui seul, de produire ses actes et de réaliser toutes ses richesses et acquisitions et que Dieu n’y est pour rien.
C’est un jugement erroné, indigne du Seigneur.
En préconisant la confiance en soi-même dans toutes ses activités, le musulman vise à n’être l’obligé que de Dieu Seul.
S’il est capable d’accomplir seul son travail, il n’en charge personne. S’il est en état de satisfaire seul son besoin, il ne recourt à nul autre que Dieu. S’il s’adresse à un autre qu’à Allah, son cœur sera attaché à cet autre. Le musulman ne l’admet jamais !
En se conduisant de la sorte, il ne fait que suivre le chemin des gens pieux et véridiques.
Il arrivait souvent que le fouet de l’un deux glissa de sa main, alors qu’il montait sur son cheval et tomba sur le sol. Il descendait de sa monture pour le ramasser sans demander ce service à personne.
En recevant ce serment d’allégeance d’un nouveau fidèle, le Prophète exigeait de lui, d’accomplir la prière, de payer l’aumône légale (zakat), et de ne jamais demander secours à personne qu’à Dieu.
Or, en observant cette conduite, c’est-à-dire en se remettant à Dieu tout en ayant confiance en soi-même, le musulman affermit sa foi et développe son caractère par la réminiscence de temps à autre, des versets et des hadiths qui sont les sources de sa foi et de son caractère.

En voici quelques exemples de ces versets :

- Mets ta confiance dans Le Vivant, l’Immortel ! [25-La Distinction.58]

- Dieu Seul nous protège. Il n’est pas de meilleur appui ! [3-La Famille d’Omran.173]

Le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) dit :

- Si vous vous remettez à Dieu comme il sied, vous serez pourvus comme sont les oiseaux : ils partent le matin ventre creux et rentrent le soir repus. (Tirmidhi)

En sortant de chez lui, le Prophète (Sallalahu 'alayi wa salam) disait :

-Au nom de Dieu ! je me fie à lui. Il n’y a de puissance ni de force qu’en Lui.
Parlant des 70 mille personnes qui entrent au Paradis sans jugement, il dit : « Ce sont ceux qui ne recourent pas à la magie pour se faire guérir, qui ne cautérisent pas et ne croient pas aux mauvais augures. Ils se confient entièrement à Dieu ! » (Boukhari et Moslim) .

source: La voie du Musulman.Tome 3.

Rédigé par Mashallah

Publié dans #Le Bon comportement

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